Texte sur l’ultraconnexion et l’indifférence totale au voisin qui m'a été transmis.
"Aujourd’hui, j’étais à la banque, dans la file d’attente devant un distributeur, devant moi, un monsieur très âgé, plus de quatre-vingts ans, sûrement. Il tenait une enveloppe dans la main, un peu tremblante. Quand ce fut son tour, je l’ai observé discrètement. Il touchait l’écran, hésitait, revenait en arrière… Je voyais bien qu’il ne comprenait pas. L’écran, les boutons, les étapes… tout semblait trop rapide pour lui. La file derrière commençait à s’impatienter. Lui, il s’est retourné vers moi, avec un regard gêné mais digne, et il m’a demandé, tout doucement :
« Vous pourriez m’aider… s’il vous plaît ? »
Je me suis avancé tout de suite. Je lui ai expliqué calmement, étape par étape. Sans jamais toucher son argent. Par respect. Par pudeur. Par délicatesse. Il voulait faire un dépôt. Il a réussi, lentement, en se concentrant. Quand l’opération s’est terminée, il avait l’air soulagé. Comme un enfant fier d’avoir réussi. Il m’a remercié avec un sourire incroyable. Et juste avant de partir, il a sorti un billet de 10 euros de sa poche et a voulu me le donner. J’ai refusé. Il a insisté. Il m’a dit que c’était « pour le petit-déjeuner ». Pour me remercier à sa manière. J’ai décliné encore, doucement. Et là, je suis reparti avec un nœud dans la gorge. Parce que ce monsieur…ce n’est pas un cas isolé.
Ils sont nombreux, nos parents, nos grands-parents, perdus face à un monde devenu trop numérique, trop rapide, trop froid. Perdus devant les écrans, les bornes, les applications, les mots de passe. Ces gens ont construit le pays dans lequel on vit. Ils ont travaillé toute leur vie. Ils ont payé, cotisé, élevé des enfants, tenu des familles. Et aujourd’hui, on les laisse seuls face à des machines qui ne parlent pas, dans des banques sans guichet, dans des hôpitaux sans accueil, dans des administrations sans humain. On parle d’innovation, de progrès, de modernité… Mais on oublie l’essentiel : l’humain. S’arrêter cinq minutes pour aider quelqu’un, ça ne coûte rien. Mais pour eux, ça change tout. Parfois je me demande : est-ce qu’on avance vraiment… ou est-ce qu’on devient juste plus rapides à oublier les autres ? "
Personnellement j'ai commencé à me servir d'un ordinateur en 1995, puis d'un portable. J'ai parfois des problèmes après certaines mises à jour. Et alors je fais appel à l'un de mes enfants.