dimanche 1 novembre 2026

"L'éducation est un acte sacré"

 


➡️ Je dois mon amour des livres et de l'histoire à une institutrice. Une seule femme, une salle de classe, quelques années : et toute une vie en a été changée. C'est cela, éduquer. Ce n'est pas remplir une tête de compétences. C'est allumer une flamme dans une âme.
La France l'avait compris bien avant l'État. Pendant des siècles, ce sont les monastères, les paroisses, les religieuses qui ont appris à lire aux enfants du peuple. Saint Jean-Baptiste de La Salle fondait dès la fin du XVIIe siècle les Frères des Écoles chrétiennes pour instruire gratuitement les enfants pauvres. On n'y apprenait pas seulement à compter : on y apprenait pourquoi l'on vit.
« Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas » (Proverbes 22, 6).
Un peuple qui éduque ses enfants comme on forme des consommateurs récoltera des consommateurs.
Un peuple qui les élèves comme des âmes récoltera des saints, des bâtisseurs, des Français. La renaissance de la France commencera dans une salle de classe, et d'abord à la table familiale.
Et vous, quel maître ou quelle maîtresse a changé votre vie ?

Mathieu Alavoine

L'habitat en 1946 pour les sinistrés de 39/45

 


 Sur ce croquis de François Abel,  dans l'arrière plan, vous avez une baraque pour les habitants sinistrés, un abri   avec des tôles et une maison détruite. Les paysans travaillent avec les chevaux.  Il existe encore une baraque à Volmunster, à l'entrée du village en venant de Bitche.

J.A.S.

C'est surtout la baisse du pouvoir d'achat qui crée la révolte




Photo DR
“Dans l’éducation, notamment concernant les revendications lycéennes, les annonces ne sont pas à la hauteur des besoins réels. Pour l’instant, on n’a pas encore vraiment entendu parler du pouvoir d’achat ni des aides aux citoyens, pour que tout le monde puisse au moins acheter du pain", détaille une manifestante à Rouen.

 

A tous ceux qui ne sont plus

 

 


A tous ceux qui ne sont plus


 Je suis la  mémoire.

C’est toujours moi qui pars en dernier, 

Quand tout a disparu depuis longtemps.

Je range le temps qui passe dans mon sablier.

C'est moi qui ferme la porte de la demeure des vivants.

Je suis la gardienne des songes 

et je conduis vers le matin

Le troublant cortège des rêves de la nuit 

et des petits lutins.

On me dit la reine au pays lointain des souvenirs.


J’ai longuement écouté toutes les mélodies du vent, 

Quand il disperse les nuages vers les quatre horizons.

Là où se nichent pauvres masures et fiers clochers

Maisons fortes et le bel arc-en-ciel de nos villages.

J'ai regardé monter les genêts et les friches

Qui étouffent année après année les pâturages.

Les enfants y venaient observer

les chevreuils et les biches.

En jouant à mille jeux comme l'on fait à leur âge.


J’ai vu la rouille ternir de sa lèpre repoussante

Les fidèles outils de nos grands-parents.

J'ai sursauté au bruit des vieilles granges qui flambent

Et à celui des linteaux et des portes 

que l'on « restaure » en béton.

 

Bien souvent, j'ai pleuré avec vous la mort de vos aimés.

Je sais le murmure de la nostalgie et la plainte des  regrets.

La nuit venue, j'ai rôdé autour de vos maisons bien closes

Pour essayer d'entendre notre vieille langue, notre patois.


Quand me reprend le désir des veillées d'autrefois,

Les images se disputent en moi.

Je revois tant de choses!

J'ai souvenance du partage et des belles rencontres.

J'ai tant aimé les biscuits de Noël et le schnaps de notre oncle.

Je me souviens aussi des histoires étranges du temps jadis.

A présent le bruit des télés éclabousse le silence de la nuit, 

Comme si les voix familières s'étaient pour toujours enfuies.


Quand j'ai visité l'église vide,

L’école fermée et l'écurie déserte.

Ils se sont vite envolés, les rires joyeux de mon enfance.

Et je me suis demandé où s'était cachée la Vie.


Bernard Robin


Bernard Robin, ancien professeur du Collège Saint-Augustin de Bitche, auteur de plusieurs ouvrages historiques et régionaux consacrés au Bitcherland, à la Lorraine et aux Vosges du Nord. Il publie dans l'hebdomadaire Ami Hebdo des articles et 'Couleurs des mots "



samedi 31 octobre 2026

;Les souterrains de l'Est

 

Maisons creusées dans la montagne, forts enterrés, mines d'argent, galerie d'art en sous-sol : plongée dans les secrets des souterrains du Grand Est

À l'occasion des journées européennes du patrimoine, nous vous emmenons à 30 mètres sous terre découvrir les derniers secrets de souterrains du Grand Est. Trente minutes d'immersion et de découvertes pour une émission inédite diffusée sur les trois antennes d'ICI Grand Est samedi 31 octobre à 20h30.

Pour les journées du patrimoine, il y a les grands classiques : les cathédrales, les musées, les lieux de pouvoir et leurs petites histoires. Nous, nous avons choisi de sortir des sentiers déjà vus. Cette année, on prend la tangente, nous nous enfonçons en sous-sol pour vous faire découvrir quelques secrets de souterrains, lorrains, alsaciens ou champenois. Suivez le guide. Sur sa carte, des endroits mal connus ou des seuls initiés. Rarement les caméras sont admises dans ces lieux et leur histoire mérite le détour.

L’ouvrage Michelberg de la ligne Maginot

Maginot, André Maginot, le député de la Meuse de l'entre-deux-guerres, serait sans doute resté dans l'oubli, s’il n'avait donné son nom à la calamiteuse ligne défensive nous précipitant dans une étrange défaite en juin 1940, pour citer Marc Bloch. L'un des plus beaux ouvrages voulu par l'éphémère ministre de la guerre de Raymond Poincaré (encore un Lorrain), se situe à Ebersviller (Moselle).

Une vraie ville en sous-sol, plus de 30 mètres de galerie, cinq blocs de combats, 515 soldats prêts "à aller pendre leur linge sur la ligne Siegfried "(pour chanter comme Maurice Chevalier lors de la drôle de guerre), des groupes électrogènes toujours en état de marche, une circulation facilitée par des locotracteurs. Tout ça pour rien ou presque. L'ouvrage ne va servir que deux jours dans son histoire. Le 21 et 22 juin 1940, les Allemands sont à Thionville (Moselle), le Michelberg infranchissable connaît enfin l'épreuve du feu, trop tard.

C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.

Philippe Pétain, 17 juin 1940 message enregistré diffusé à midi sur Radio-Paris

Pétain, à la radio depuis Bordeaux le 17 a déjà fait "don de sa personne pour atténuer" le malheur du pays. En sous-sol, les soldats ont forcément entendu résonner "C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat". Un combat pour rien dans ce coin de Moselle pendant ces fameux deux jours où au même moment dans la clairière de Rotonde (Oise), le général Huntziger est humilié par Adolf Hitler en personne et, hilare, Hermann Göring. La signature de l'armistice, le 22 juin, encore fraîche, c'est la dernière fois où le dictateur nazi se laisse filmer pris d'une excitation hors cadre, il tape le sol en sortant du wagon historique, là où en 1918 la France dicta sa défaite à l'Allemagne. Le 23 au matin, Hitler s'offre une visite dans un Paris déserté avec son psycho fan l'architecte Speer, la ligne Maginot elle rend les armes.

Guerre 1939-1945. Signature de l'armistice franco-allemand dans le wagon de l'armistice de 1918, à Rethondes. Rudolf Hess, de face, assis. A droite : le général Huntziger, assis. A gauche : Hitler, assis et Keitel, debout. 22 juin 1940. RV-341326 (Photo by © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet via AFP) • © Roger-Viollet via AFP

Les mines d'argent du duc de Lorraine

Les mines du duc de Lorraine sont aujourd'hui en Alsace. Au cœur du pays welche, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), se visite la mine de Tellure. À condition d'être bien équipé, avec la tenue complète du spéléo, nous voilà dans l'un des plus beaux sites d'Europe. Une mine connue jusqu'à Érasme, le premier humaniste militant pour l'Europe -"le monde entier est notre patrie à tous" - et plus tard par le Roi Soleil, jaloux du duc de Nancy dont les mines, sel en plaine et argent et fer dans les montagnes, ont fait la fortune de la maison ducale. Une fortune surtout considérable avant les grandes découvertes du XVIème siècle, les filons de cuivre contenant de l'argent à Sainte-Marie ont été exploités depuis l'an 1000 et jusqu'à la guerre de 30 ans sous Louis XIII. Plus tard, au cœur d'une région sismique au très riche sous-sol, le cobalt pour le bleu des poteries de Betschdorf et l'arsenic, pour tuer les rats, ont été exploités jusqu'aux années 40.

La cave aux coquillages de Fleury-la-Rivière dans la Marne. • © Jerome Plessy / France Télévisions

Toujours dans ce coin d'Alsace qui ne parle pas l'alsacien, l'annexion germanique de 1871 explique cette subtilité mais c'est une autre histoire, nous connaissons tous celui qui fut longtemps le plus long tunnel routier intégralement sur le territoire français. Le tunnel de Sainte-Marie, long de 6 950 mètres traverse le massif vosgien au cœur. Sa percée fut un exploit en 1937. Un scandale aussi, le premier d'une longue série de maladies professionnelles en France. Les marteaux-piqueurs et la fumée qu'ils génèrent causèrent la mort par silicose de quasiment tous les ouvriers. Tunnel ferroviaire, vite déficitaire avant guerre, les Nazis, le transformèrent en usine de fusées V1/V2, forçant au travail des déportés du camp d'extermination du Struthof.

À la libération, le tunnel est désaffecté. Le député de Saint-Dié (pas encore des Vosges), Maurice Lemaire y voit son grand œuvre, le transformer en tunnel routier. L'ouvrage est inauguré par Giscard en 1976. Dans ces années du tout bagnole, la sécurité n'est pas vraiment une priorité, les voitures se croisent sur deux voies seulement, il y a bien quelques places de délestage le long de la traversée mais rien n'est vraiment suffisant en cas d'incendie.

La catastrophe du Mont-Blanc en 1999 donne, après coup, des sueurs froides à plus d'un Vosgien et d'un Alsacien. Tous les tunnels français sont à l'arrêt. Une galerie d'évacuation est obligatoire avec des portes coupe-feu capables de résister pendant presque deux heures à des températures dépassant les 1 200 degrés. Nous souhaitons tous ne jamais utiliser ce tunnel de sécurité sous-pression en cas d'accident grave pour éviter les fumées. Des navettes de sécurité peuvent également être déclenchées pour évacuer tous les automobilistes le plus rapidement possible.

Dans les abris incendie du tunnel Maurice Lemaire à Sainte-Marie-aux-mines • © Jérôme Plessy / FTV

La mer souterraine de coquillages en Champagne

Dans la Marne, autour de Reims, la craie est partout en sous-sol. Cette sédimentation est la preuve d'un long travail de l'océan. Et oui, la mer recouvrait la Champagne pendant plusieurs millions d'années. Les seules crayères ne vous ont pas encore convaincu de la présence marine dans ce coin de Champagne ? Dans ce cas, direction Fleury-la-Rivière et sa cave aux coquillages. Oui, vous avez bien lu. Ici, entre les bouteilles de champagne à presque trente mètres sous terre, on ramasse à la pelle coquilles, couteaux, et bigorneaux de plus de 45 millions d'années. "Des fossiles pas encore fossilisés", des coquillages qui n'ont pas laissé leur empreinte dans la roche mais qui ont encore leur coquille d'origine !

À 30 mètres sous terre, les oeuvres de la galerie Pommery sont parfois monumentales. • © Jérôme Plessy / FTV

Autre ambiance, autre crayère, dans les caves de chez Pommery. À Reims, Ici, 20 ans de mécénat culturel vous contemplent. "Des expériences" avec des artistes contemporains en résidence qui poussent au rêve en vertical, sous terre et dans une immense cathédrale de craie. Idéal pour réussir un bon champagne et une galerie d'art.

La Cathy des rochers

Dans ce coin des Vosges du Nord, "Felsekaeth" est une vedette alsacienne, Cathy des Rochers, en français, est la dernière habitante des maisons des roches de Graufthal.

Les maisons troglodytes de Graufthal à Eschbourg (Bas-Rhin). • © YANN AVRIL / Biosphoto

Catherine habitait cette maison troglodyte creusée à flanc de falaise de grès rose jusqu'à ses 82 ans en 1958. Aujourd'hui, la petite chambre a été reconstituée, la cuisine n'a pas bougé. Trois maisons bleues adossées à la colline, c'est unique en Alsace et ça vaut toujours plus que trois photos dans la galerie de votre compte Instagram : bonne balade.

"Secrets de souterrains", une émission présentée par Hervé Aeschbacher sur IcI Grand Est, la télévision régionale. • © Jérôme Plessy / FTV

"Secrets de souterrains", une émission à découvrir à la télé sur IcI Grand Est à 20: 30 le samedi 31 octobre et sur notre plateforme vidéo, entièrement gratuite, France.tv.