vendredi 22 mai 2026

Liturgie de la Pentecôte

 



Pentecôte, fête du don de l'Esprit, c'est la fête de l'Eglise qui se souvient de sa naissance. N'est-ce pas au matin de Pentecôte que l'Eglise est née? Souvenons-nous de cette première Pentecôte à Jérusalem et fêtons notre Eglise vivante aujourd'hui. 

Les œuvres de l'Esprit sont : le souffle de l'espérance, la force qui renouvelle sans cesse le monde, le jaillissement de la générosité... Et la persévérance dans l'amour, la confiance dans les autres.

L'Esprit nous fait croire à l'impossible, à la vie plus forte que la mort. L'Esprit crie en nous le nom du Père, mais son nom à lui reste mystérieux comme le vent, comme le feu, comme la source. Ouvrons‑nous à la vie qui s'offre à nous.

"Convertissez-vous!" Par ces mots commençaient la prédication de Jésus et celle des apôtres au matin de Pentecôte. Accueillons cet appel et supplions le Christ d'avoir pitié de nous.

- Seigneur Jésus, toi qui es venu, non pas pour les biens portants, mais pour les malades, vois notre misère et prends pitié de nous.

 

Prière d'ouverture :

Père infiniment généreux, envoie encore sur le monde l'Esprit d'amour et la paix à laquelle tous aspirent. Que ton Église manifeste ta tendresse pour tous, et ta proximité envers les plus démunis. Dans les tourments de l'histoire, qu'elle apporte la clarté de l'espérance. Selon ta promesse, exauce‑nous par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 1-11) 

Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble au même endroit. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent violent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues qui semblaient de feu leur apparurent, séparées les unes des autres, et elles se posèrent sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, comme l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. A ce bruit, ils accoururent en foule, et ils furent stupéfaits parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient [tous] remplis d'étonnement et d'admiration et ils se disaient [les uns aux autres]: «Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens? Comment se fait-il donc que nous les entendions chacun dans notre propre langue, notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée, de la Cappadoce, du Pont, de l'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte, du territoire de la Libye voisine de Cyrène et résidents venus de Rome, Juifs de naissance ou par conversion, Crétois et Arabes, nous les entendons parler dans notre langue des merveilles de Dieu!»– Parole du Seigneur

 

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (12, 3b-7. 12-13)

 Frères, personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. – Parole du Seigneur

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-23)C’ était après la mort de Jésus; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Prière universelle :

C'est l'Esprit de Jésus-Christ qui en nous crie "Abba", ce qui veut dire "Père". Laissons cet Esprit crier vers Dieu nos demandes pour nous et pour tous nos frères.

1.- « Tous, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu »

Seigneur, donne-nous encore ton Esprit. Là où nous vivons des guerres, des divisions, du racisme fais de nous un seul peuple fraternel, dans toute la richesse de nos diversités. Prions le Seigneur.

2.- « Tous furent remplis d’Esprit Saint, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit »

Seigneur, donne-nous encore ton Esprit. Quand nos paroles sont mensonge, critique ou mépris que ton Esprit de vérité ouvre nos bouches pour chanter les merveilles de Dieu et bâtir un monde fraternel. Prions le Seigneur.

Prions aussi pour tous ceux qui sont en période d’examens.

3.- Que ton Esprit ouvre leur intelligence sur tout ce qu’ils ont appris.

Que leur effort leur ouvre l’avenir sur un mieux-être et sur un service de leurs frères et sœurs. Prions le Seigneur.

Viens, Saint-Esprit, écoute la prière de ceux qui ont la foi et se confient en toi. Daigne-nous exaucer, toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Amen !

 

Prière sur les offrandes :

Seigneur notre Dieu, en ce jour de lumière et de paix, nous t'offrons le pain et le vin de tes largesses. Que ces dons deviennent signe de partage et de communion et réalisation des promesses que tu nous fais en Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur.

 

Prière eucharistique :

Oui, Seigneur, nous te rendons grâce pour le don de ton Esprit.

Dès la création du monde, il plane sur les eaux. Dès que ton Verbe se fait chair, il repose sur lui. Dès le jour de la Pentecôte, il transforme les disciples en apôtres. Et aujourd'hui encore, c'est lui qui fait renaître ton Eglise aux quatre vents du monde et l'envoie porter la Bonne nouvelle aux pauvres et aux prisonniers, aux aveugles et aux opprimés. Avec le peuple de tous ceux qui croient en toi et avec tous les bienheureux qui chantent ta louange dans les cieux, nous proclamons l'hymne de ta gloire:  SAINT...

 

Toi seul es saint, Père de Jésus-Christ, et tu appelles chacun des baptisés à vibrer aux appels de l'Esprit et à vivre l'Evangile au jour le jour. Nous t'en prions: envoie ton Esprit-Saint sur le pain et le vin, pour qu'ils deviennent le Corps et le Sang de ton Fils Jésus Ressuscité.

 

La veille de sa passion, pendant le repas, Jésus prit le pain, il rendit grâce, il le rompit et le donna à ses disciples en disant:

PRENEZ ET MANGEZ-EN TOUS, CECI EST MON CORPS LIVRE POUR VOUS.

De même, à la fin du repas, il prit la coupe; en te rendant grâce, il la bénit et la donna à ses disciples en disant:

PRENEZ ET BUVEZ-EN TOUS, CAR CECI EST LA COUPE DE MON SANG, LE SANG DE L'ALLIANCE NOUVELLE ET ETERNELLE QUI SERA VERSE POUR VOUS ET POUR LA MULTITUDE EN REMISSION DES PECHES. VOUS FEREZ CELA EN MEMOIRE DE MOI.

 

Père très bon, nous faisons mémoire de ton fils mort à cause de nos péchés, ressuscité pour nous rendre saints et nous proclamons jusqu'à son retour cette merveille que nous sommes tes enfants. Accepte l'offrande de ton Eglise en prière et reçois-nous avec ton Fils, le serviteur et le Seigneur. Fais venir l'Esprit de Pentecôte sur tous ceux que tu rassembles à la table du Royaume: en communiant au corps livré et au sang versé du Christ, qu'ils deviennent un seul corps chaque jour davantage.

Nous te prions pour l'Eglise: pour tous ceux qui annoncent l'Evangile, pour ses pasteurs, pour les familles, pour les travailleurs et les sans emploi, pour les militants, pour les jeunes et tous les hommes de bonne volonté.

Nous te prions pour l'Eglise universelle: le pape Léon et ses frères dans l'épiscopat, les jeunes églises répandues dans le monde, les chrétiens encore divisés et tous ceux qui te cherchent.

Nous te confions nos frères et soeurs défunts, et en particulier... comble-les du bonheur éternel en ta présence, qu'ils goûtent la joie et la paix de ton Royaume.

Sois la force des malades et de ceux qui vivent un échec. Viens en aide aux pays qui connaissent la guerre et l'injustice. Rends-nous solidaires des régions où règne la famine: fais de nous des veilleurs pleins d'espérance, des artisans de justice et de paix, prêts au service généreux dans le partage.

Donne-nous de chercher ta volonté tout au long de notre vie et de semer l'espérance sur cette terre, et reçois-nous en compagnie de Ste Marie, St Joseph et de nos frères les saints qui ont mené le combat de la foi, afin qu'ensemble nous vivions en ta présence, à la louange de ta gloire, avec le Christ Jésus, ton Fils bien-aimé.

PAR LUI, AVEC LUI ET EN LUI, A TOI DIEU LE PERE TOUT-PUISSANT, DANS L'UNITE DU SAINT ESPRIT TOUT HONNEUR ET TOUTE GLOIRE POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN!

 Pour introduire le "Notre Père" :

En ce jour où l'Esprit rassemble l'Eglise, devenons un peuple fraternel et, en communion avec nos frères de toutes nations, races et cultures, osons prier ensemble et disons: Notre Père

Prière pour la paix :

Seigneur Jésus ressuscité, tu as dit à tes disciples: "La paix soit avec vous" et tu nous dis à nouveau: "la paix soit avec chacun de vous". Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton église. Elle vit de la présence de ton Esprit, esprit de miséricorde, de douceur et de sainteté, esprit de justice, de consolation et de paix. Donne-lui-en ce jour cet Esprit et conduis-la vers l'unité parfaite que tu as désirée pour elle, toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen!

 

Après la communion :

 Dieu notre Père, que cette communion nous donne la puissance de l'Esprit dont tu as comblé les apôtres aux premiers jours de l'Eglise. Que le souffle de la Pentecôte agisse avec toujours plus de force sur les membres de nos communautés et nous rassemble tous autour de ton Fils, le Ressuscité de Pâques, qui éclaire le monde aujourd'hui et jusqu'aux siècles des siècles. Amen!

 

Bénédiction solennelle :

Aujourd'hui, Dieu le Père de toute lumière a envoyé l'Esprit Saint au coeur des disciples du Christ, il les a illuminés. Que ce même Esprit vous pénètre et sanctifie en nous ses dons. AMEN.

 Que le feu d'en haut venu sur les disciples consume tout mal au fond de nos cœurs et nous fasse porter au monde sa lumière. AMEN.

 C'est l'Esprit qui a rassemblé des hommes de toutes langues dans la profession de la même foi: qu'il nous garde fidèles à cette foi, et dans l'espérance du jour de Dieu. Amen.

 Et que Dieu tout-puissant vous bénisse...

 

François , Prêtre retraité

Une belle sculpture pour la chapelle Saint-Joseph

 Marcel Lutz  a réalisé une  sculpture en bois représentant le Christ avec une couronne d’épines. Il est venu avec son ami Michel  pour l’offrir à la chapelle Saint-Joseph et la  fixer lui-même  en présence  de Marcel Vogel, maire et  de Gilbert Zahm, président des Amis de la chapelle. Cette belle sculpture s’ajoute à d’autres offertes  par des pèlerins français et allemands.

 

Photo M.V.


Marcel Lutz et son ami Michel heureux d’avoir pu offrir sculpture à la chapelle Saint Joseph

Une belle visite...


 Photo N.L.


L'herbe du Schwizterberg est sûrement meilleure qu'ailleurs.

Sur mon chemin...

 

Photo JAS

La commune de Volmunster  vient d'ajouter non seulement  plusieurs structures à l'aire de jeux de la rue du stade, mais aussi des massifs de fleurs et des arbres. Il faut savoir que les aires de jeux sont essentielles pour le développement physique des enfants, car elles favorisent l’acquisition de compétences motrices essentielles et stimule une activité physique régulière. Ces activités permettent aux enfants de renforcer leur coordination et leur contrôle moteur, des compétences cruciales pour accomplir des tâches quotidiennes et participer à des activités sportives. Ces activités, telles que courir ou grimper, répondent à un double objectif : elles renforcent les muscles tout en activant le système cardiovasculaire. Dans un contexte où la sédentarité devient préoccupante, les aires de jeux ludiques offrent l'occasion de se détendre et de rencontrer les autres enfants. 

jeudi 21 mai 2026

LE DESTIN D'UN GENDARME: Francis MARROUX, chauffeur de De Gaulle

 LE DESTIN D'UN GENDARME: 

Francis MARROUX


Photo DR


C’est en 1959, que le colonel Robert-Pol Dupuy, nouveau commandant militaire du Palais de l'Élysée, demande au gendarme Marroux, son ancien subordonné et compagnon dans la Résistance, d'être le chauffeur attitré du général de Gaulle.

 Marroux exercera cette fonction durant toute la présidence du Général, de janvier 1959 à avril 1969.

 Les quatre premières années coïncident avec le conflit algérien, moment où la sécurité du Chef de l'État prend une importance majeure. Aucun homme d'État français, aucun président de la République ne s'est vu plus souvent menacé dans sa vie que le général de Gaulle durant cette période. Ces menaces ont considérablement augmenté les responsabilités qui pesaient sur les épaules de l'adjudant Marroux. C'est grâce au courage et au sang-froid de son chauffeur que le général de Gaulle échappe à une mort certaine lors des attentats de Pont-sur-Seine et du Petit-Clamart.

8 septembre 1961 : l'attentat de Pont-sur-Seine

La D.S. 21 présidentielle conduite par Marroux, avec à son bord le Général, madame de Gaulle et un aide de camp, quitte l'Élysée à 20 heures, direction Colombey. Une heure et demie plus tard, la voiture roule à 110 km/heure sur la Nationale 19, sur une ligne droite entre Crancey et Pont-sur-Seine. La nuit est tombée. Soudain, la voiture est prise dans une tornade de flammes. Une puissante bombe a explosé au passage de la D.S. Aveuglé subitement par l'énorme boule de feu, le chauffeur Marroux, guidé par un incroyable sang-froid, appuie à fond sur l'accélérateur, et, grâce à ce réflexe inouï, franchit le mur de feu, en évitant de percuter un arbre. La voiture est endommagée. Les passagers, indemnes, savent à qui ils doivent la vie sauve…

22 août 1962 : l'attentat du Petit-Clamart

On connaît le commentaire laconique émis par le Général, impassible, juste après l'attentat : « Cette fois, c'était tangent ! » De cet attentat, monté comme une véritable opération de guerre, De Gaulle, sa femme, son gendre et le chauffeur n'en échappent en vérité que par une sorte de miracle.

Dans ses Mémoires d'espoir, le Général retrace en quelques lignes l'attentat : « Ce jour-là (le 22 août 1962), au Petit-Clamart, la voiture qui me conduit à un avion de Villacoublay, avec ma femme, mon gendre, Alain de Boissieu et le chauffeur Francis Marroux, est prise soudain dans une embuscade soigneusement organisée : mitraillade à bout portant par plusieurs armes automatiques, puis poursuite menée par tireurs en automobile. Des quelque 150 balles qui nous visent, 14 touchent notre véhicule. Pourtant - hasard incroyable ! - aucun de nous n'est atteint. »

Cette fusillade multiple a duré quarante-cinq secondes. Quarante-cinq secondes, c'est très court et c'est très long. Une temporalité dramatique au cours de laquelle, le général de Gaulle aurait logiquement dû mourir. Malgré l'état délabré de la DS Citroën, criblée de balles sous la mitraille du commando, deux pneus crevés, la boîte de vitesses hors d'usage, les glaces pulvérisées, Marroux parvient à rester maître du véhicule, tout en accélérant à fond. Pour cette accélération salvatrice, Marroux pense être monté jusqu'à 110 km/heure. La D.S., dont Alain de Boissieu dit« qu'elle tangue comme un canot à moteur », roule pourtant sur deux jantes et deux pneus.

L'enquête démontrera que sur les quatorze impacts de balles, plusieurs ont percé la carrosserie à hauteur des visages du Général et de madame de Gaulle, à quelques centimètres d'eux. Le Général et sa femme sont couverts d'éclats de verre. En s'époussetant, le Général s'est légèrement blessé au doigt. Alain de Boissieu note que son beau-père a du sang sur le col. Mais il est indemne, tout comme son épouse, son gendre et Francis Marroux. Les experts ont observé qu'au calcul des probabilités, il n'y avait pas une chance sur un million qu'aucune des quatre personnes n'ait subi la moindre éraflure à travers la giclée de balles tirées par le commando. 187 douilles seront retrouvées sur le pavé de l'avenue de la Libération. Eh bien ! Nous connaissons celui qui a permis ce miracle : c'est l'adjudant de gendarmerie Francis Marroux.

Une lettre de félicitations du Général

De Gaulle lui exprime sa gratitude dans une lettre qu'il lui adresse le 11 septembre 1962 :

« Mon cher Marroux,

À l'occasion de votre promotion au grade de maréchal des logis-chef, je suis heureux de vous adresser mes félicitations.

Je ne saurais oublier que si, par deux fois, dans les circonstances que vous savez, les choses se sont bien passées, ce fut avant tout grâce à votre sang-froid et à votre courage. C'est un témoignage que je tenais à vous donner, avec celui de ma satisfaction pour la conscience et le dévouement dont vous faites preuve dans l'exercice de vos fonctions.

Croyez, mon cher Marroux, à mes sentiments bien cordiaux. »

Dans ses Mémoires d'espoir, le Général conclut son bref récit de l'attentat du Petit-Clamart par cette phrase : « Que de Gaulle continue donc de suivre son chemin et sa vocation ! » Voilà le signe fascinant du destin de l'adjudant Marroux. C'est grâce au sang-froid et au courage de son vaillant chauffeur que le Chef de l'État peut continuer sa tâche nationale.

L’adjudant Marroux reste au service du Général après sa démission

Après la démission du Général le 28 avril 1969, l'adjudant Marroux lui fait part d'un vœu secret qu'il porte au profond de son âme. Le plus grand honneur désormais dans sa vie serait de rester au service du général De Gaulle. Le Général accepte immédiatement. C'est dire l'attachement, la confiance et l'estime que De Gaulle lui témoigne. Marroux fait alors valoir ses droits à la retraite par anticipation, le 1er juin 1969, et retrouve aussitôt Colombey, où il s'installe définitivement. Il loge dans la petite maison située juste en face de la grille d'entrée de la Boisserie. Chauffeur privé du Général, Francis Marroux est aussi son homme de confiance.

Lorsque le Général meurt, le 9 novembre 1970, Francis Marroux est près de lui. Dans ces moments ultimes, le dévouement de Francis Marroux est à la hauteur de sa grandeur d'âme. Sa respectueuse et affectueuse sollicitude a profondément touché madame de Gaulle.

Le général de Gaulle est mort à la fin de cette journée du 9 novembre 1970, à dix-neuf heures vingt-cinq.

Alors qu'il est, comme chaque soir avant le dîner, dans le salon bibliothèque, assis devant sa table de bridge, sur laquelle il a étalé ses cartes à jouer pour faire une réussite, le Général pousse soudainement un cri de douleur et s'affaisse dans son fauteuil. Il est entre dix-huit heures cinquante et dix-huit heures cinquante-cinq. Charlotte et Honorine se précipitent dans la bibliothèque pour aider madame de Gaulle. Francis Marroux arrive immédiatement. Puis il monte rapidement à l'étage, où il prend un matelas sur un lit divan pour étendre le Général. À la demande de madame de Gaulle, Francis Marroux, aidé par Charlotte et Honorine, couche le Général sur ce matelas disposé à même le sol dans la bibliothèque.

Le docteur Lacheny, de Bar-sur-Aube, et l'abbé Jaugey, curé de la Paroisse de Colombey, arrivent précipitamment. Ils se retrouvent en même temps à l'entrée de la Boisserie, à dix-neuf heures dix. Le docteur pénètre le premier dans la bibliothèque. Agenouillé, le médecin est penché sur le Général. Puis, le prêtre entre et s'agenouille à son tour. Quelques minutes plus tard, le docteur Lacheny se tourne vers madame de Gaulle, lui signifiant, silencieusement, que son mari est mort. Seuls sont présents dans la bibliothèque les uniques témoins de la mort du général de Gaulle. Ils sont tous à genoux autour de lui, dans un grand silence : Yvonne, son épouse, Honorine et Charlotte, les deux aides ménagères, Francis Marroux, le fidèle entre les fidèles, le prêtre et le médecin. Personne n'a prononcé une parole.

Puis, à la demande de madame de Gaulle, Francis Marroux, aidé par le médecin et par le prêtre, transporte le corps du Général au salon. Allongé sur un divan au milieu du salon, on revêt le Général de son uniforme kaki, orné seulement du petit insigne en émail de la France Libre. Le drapeau d'étamine qui était hissé à La Boisserie, le 14 juillet, recouvre le corps du Général jusqu'à la poitrine. Près du Général, sur une petite table, la flamme de deux cierges éclaire un crucifix et une branche de buis dans une soucoupe d'eau bénite. À ses pieds, le livre qui contient les noms de tous les compagnons de la Libération et dont la couverture en argent est ornée d'une croix de la Libération, un glaive surchargé d'une croix de Lorraine.

Fidèle jusqu’au bout

Après la mort du Général, Francis Marroux, fidèle entre les fidèles, demeure au service de madame de Gaulle à Colombey. Cette fidélité est sans égale. Je pense à cette confidence du Général : « Ma femme, sans qui rien de ce qui a été fait n'aurait pu l'être. » Ainsi, l'adjudant de gendarmerie Francis Marroux aura été au service du Général et de madame de Gaulle, de janvier 1959 à septembre 1978.

Le mercredi 27 septembre 1978 est un jour empreint d'une grande émotion pour Francis Marroux. C'est le jour où madame de Gaulle quitte définitivement La Boisserie. Marroux la conduit ce jour-là pour la dernière fois. Direction Paris. C'est un arrachement pour Yvonne de Gaulle de quitter sa maison de Colombey, où elle vivait depuis plus de trente ans. Dans la voiture, madame de Gaulle est assise derrière Francis Marroux, Philippe de Gaulle installé à côté de sa mère. À partir de ce jour, madame de Gaulle vivra désormais jusqu'à sa mort chez les Sœurs de l'Immaculée Conception de Notre-Dame de Lourdes, avenue de la Bourdonnais, à Paris. Elle s’éteindra le 8 novembre 1979, au Val de Grâce.

L'Histoire retiendra aussi que l'adjudant Francis Marroux est la seule personne qui aura été présente auprès de madame de Gaulle en quatre circonstances exceptionnelles : lors des tragiques attentats, le 8 septembre 1961 et le 22 août 1962, au moment de la mort du général de Gaulle, le 9 novembre 1970, et lors du départ définitif de madame de Gaulle de La Boisserie, le 27 septembre 1978.

Le destin de l'adjudant de gendarmerie Marroux est vraiment extraordinaire. Un destin inscrit pour toujours dans l'Histoire de France. Le destin d'un gendarme qui a sauvé la vie du général de Gaulle à deux reprises. Le destin d'un gendarme dont toute l'existence se résume en un mot : l'honneur.

Mélanie Vogel, nouvelle présidente des Amis de la chapelle Saint-Joseph

 Après  avoir été président des Amis de la chapelle Saint-Joseph pendant 10 ans, Gilbert Zahm a décidé de  céder sa place.  

Photo J.A.S.


Gilbert Zahm remet les clefs de la chapelle à la nouvelle présidente Mélanie Vogel

  Lors de la dernière assemblée générale, le président Gilbert Zahm, octogénaire,  président depuis 2016, demande être remplacé. Mélanie Vogel, très active dans l’association fait acte de candidature. Elle  est élue présidente au premier tour. Gilbert Zahm devient  vice-président, Patrick Vergnaud, secrétaire, Claude Heim; trésorier, Corentin Vogel, trésorier adjoint. Sont assesseurs le curé, le maire; Olivier Wagner, Claude Vogel,  Edmond Houth, Heintz Schoendorf, David Rimlinger, David Kuster, Jérôme Hauck et Yoann Huy. Le plus grand travail  pour la présidente sera l’organisation du pèlerinage du 15 août.


Le rôle important de l’association


  Les Amis de la chapelle Saint-Joseph entretiennent  la chapelle et le site   durant toute l’année. Elle a été reconstruite en 1962, car elle a été  dynamitée par les militaires français pour des raisons tactiques en septembre 1939.  «Depuis que l’abbé Paul Jung a organisé le premier pèlerinage le 15 août 1980, tous les ans de nombreux pèlerins affluent à la chapelle, non seulement  le jour de l’Assomption, mais  durant toute l’année. Certains viennent à pied, mais la plupart en voiture. Ce sera le 46 ème pèlerinage. Il faut rappeler que le chemin d’accès a été aménagé  en 1979  par le maire Roger Sprunck. Depuis le club vosgien de Bitche, le département et le club  de marche de Hornbach ont créé des sentiers fléchés qui mènent à la chapelle  Saint-Joseph. L’année suivante le premier pèlerinage a eu un succès inespéré et  en 1981, l’association des Amis de la chapelle a été créée dans le but d’entretenir le site et d’y d’organiser  la fête de l’Assomption» nous explique Marie-Mathilde Schwartz qui entretient la chapelle depuis qu’elle est ouverte.


Joseph Antoine Joseph

Message du Père François

 Évangile de Jésus-Christ selon St Jean 20, 19–23


Photo DR

 « C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Célébrer la Pentecôte, c'est assurément se souvenir de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. C'est aussi célébrer la naissance de l'Église, puisque ce jour-là les apôtres revêtus d'une force et d'une audace nouvelles sont partis, prêchant la résurrection du Christ et son Évangile avec le souhait de paix non seulement sur eux, mais sur ce monde en souffrance.

 

Chers amis, il suffit de regarder le spectacle du monde qui, malheureusement, n’est pas très réjouissant. Il faut croire que nous sommes entrés dans une guerre de drones, de fusées dévastatrices. Il semble que le bulldozer du mal écrase, et anéantit tout le bien que l’on a mis tant de temps à construire. Je suis horrifié quand j’assiste impuissant face aux raids dévastateurs de villes entières comme nous le voyons en direct : en Palestine, en Ukraine, en Iran… Des gens qui ont tout perdu, y compris des vies humaines. Le plus révoltant, quand il s’agit de morts d’enfants.

Bien des valeurs évangéliques sont battues en brèche : douceur, paix, joie, service, patience, humilité, fidélité, foi… Il y a de quoi désespérer de l’homme et de l’humanité.

 

Face au mal, le 1er réflexe est de se replier sur soi, s’enfermer, un peu comme les apôtres après la mort de leur maître. Or, nous savons que l’enfermement va à l’encontre de tout développement et épanouissement de la personne. Jésus, prévoyant ce qui allait se passer chez ses apôtres après sa mort, leur promet un défenseur : l’Esprit Saint.

 

Effectivement, lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit, la première chose que l’on observe, c’est qu’il les fait sortir en cassant les verrous, il fait disparaître, anéantir leurs peurs.

De quelles peurs s’agit-il ?

 

D’abord la peur de soi : Avoir peur de soi, c’est manquer de confiance en soi, se croire nul, incapable, bon à rien, croire que je ne suis pas aimable, que je ne compte pas aux yeux des autres. J’accompagne aujourd’hui des adultes qui sont encore traumatisés depuis leur enfance, parce que des parents ou des enseignants leur ont fait comprendre qu'ils ne sont « des bons à rien. »

La conséquence de cette peur de soi, c’est qu’elle empêche toute vraie relation, profonde, enrichissante, épanouissante : je vis dans ma bulle.

 

Il y a aussi la peur des autres : C’est croire qu’ils ne voient que mes limites, mes lacunes, croire qu’ils me veulent du mal, qu’ils se moquent de moi.

La conséquence de cette peur des autres, c'est que je me protège, toujours prêt à mordre, à rebondir nerveusement. Je vis sur la défensive puisqu’il me semble que les autres sont méchants avec moi.

 

Il y a enfin la peur du monde et des événements. Peur de ce qui peut m’arriver, croire que ça n’ira jamais mieux. Combien sont tétanisés par les violences meurtrières, qui n’osent plus sortir, faire leurs courses, rencontrer les amis.

Ce qui a pour conséquence : la paralysie. Je n’ose rien, je n’entreprends rien puisque ça ne sert à rien, c’est fichu d’avance.

Or l’Esprit que Jésus promet à ses apôtres, c’est un Esprit non pas de peur, mais de liberté. Il nous libère de tout, même de la loi, nous dit St. Paul.

 

L’Esprit de la Pentecôte me donne d’abord confiance en moi. Il m’autorise à croire que je suis quelqu’un d’unique, respectable, doué de talents et qu’au-delà de mes limites, je peux être aimé pour moi-même.

L’Esprit de la Pentecôte me rend libre par rapport aux autres. Il me donne l’audace d’aller vers eux et d’exprimer ce que je pense, ce que je crois. Il me permet de croire en eux, en leur sollicitude, leur amitié, fidélité.

Enfin, l'Esprit de Dieu me rend libre devant les événements, devant le monde. Il me fait comprendre que l’histoire n’est pas écrite d’avance, qu’ensemble, nous avons le pouvoir de la modifier, d’influencer sa trajectoire. Et devant les événements que je ne peux changer, l’Esprit me donne la force, le courage de leur faire face.

   

Combien de femmes et d’hommes tout ordinaires, que rien ne semblait destiner à une vie hors du commun, grâce à l’Esprit qu’ils ont laissé agir en eux, ont réalisé des exploits et marqué le cours du temps. Pour ne citer que : St François d’Assise, Mère Térésa, Sœur Emmanuelle, le Saint pape Jean XXIII qui a ouvert le Concile Vatican II…Oui, ils ont osé, ils ont risqué, ils nous ont fait réfléchir pour oser à notre tour. Celui qui reste enfermé dans sa peur, son incertitude, dans ses « à quoi bon » … fait le jeu du malin. C’est ce que Jésus appelait le « péché contre l’Esprit ».

 

Mais se laisser habiter par l’Esprit de Pentecôte, c’est croire que moi, ici, maintenant, quel que soit mon âge, mes capacités, avec l’aide des autres, je suis apte à faire du neuf, à créer un monde nouveau, une humanité plus grande et plus belle où chacun est apprécié, encouragé à donner le meilleur de lui-même. Ça commence déjà au sein de ma famille et de mes relations.


François, prêtre retraité