vendredi 16 octobre 2026

Message du Père François

 Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 22, 15-21

 


« En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

 

L’évangile de ce dimanche aborde un sujet brûlant, l’impôt ! Et c’est justement sur ce terrain glissant que les adversaires de Jésus lui tendent un piège, convaincus que Jésus ne pourra jamais s’en sortir. Mais sa réponse est extraordinaire !

« Hypocrites ! » leur dit-il. Pourquoi Jésus les traite-t-il d’Hypocrites ? Il faut savoir que les pharisiens sont contre les Romains et les partisans d’Hérode sont plutôt favorables.

C’est une alliance hypocrite parce qu’ils sont des ennemis des Romains, mais qu’ils se mettent ensemble pour tendre un piège à Jésus. En cela, rien de neuf aujourd’hui ! « Hypocrites ! », pour ou contre les Romains, ils payent tous l’impôt à César parce qu’ils n’ont pas le choix.

 

Connaissant leur piège qu’ils veulent tendre à Jésus, il demande à voir une pièce de monnaie. Parce que sur la pièce de monnaie, il y avait une inscription qui disait : « Tibère, divin César ! » Les empereurs romains se donnaient le titre de « dieux », si contraire à la religion juive.

La réponse de Jésus et extraordinaire : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Autrement dit : « Rendez à César ce qui lui appartient, mais le culte qui revient à Dieu seul. » Il faut bien comprendre que Jésus n’oppose pas ce qui est à César et ce qui est à Dieu.

 

Aujourd’hui, ce n’est plus l’effigie de César que Jésus nous présenterait, mais l’Euro ou le Dollar. Comme il y a deux mille ans, l’argent tient toujours une place importante dans notre vie. Malheureusement combien de foyers n’ont plus assez d’argent pour terminer le moi, sans parler de la faim dans tant de pays. Est-ce que le bonheur réside essentiellement dans la possession ou bien dans la joie de partager ce qu’on possède.

 

Ce ne sont pas seulement l’argent et le pouvoir qui mènent le monde. Nous avons soif d’autre chose que de sécurité matérielle, de confort ou de richesse. Nous ne sommes pas que des producteurs et des consommateurs. Il y a en chacun de nous un puissant désir de vie et d’amour : « d’aimer et d’être aimé. » Ce désir nous conduit bien au-delà des préoccupations financières ou politiques. Si nous négligeons cette part essentielle de nous-mêmes, nous risquons de faire de l’argent et du pouvoir un tout ou un absolu. Nous serons alors prisonniers de nos envies, de nos frustrations, de nos rivalités et de nos rapports de force.

 

Ne soyons pas naïfs au point de croire qu’il soit possible de se dégager complètement des réalités économiques et politiques. Personne ne peut prétendre se détacher des solidarités sociales au point d’ignorer la politique, le pouvoir, l’Etat. La fidélité à Dieu ne nous oblige pas à nous détacher complètement des préoccupations économiques et politiques comme si cette réalité ne concernait pas le chrétien. Je suis persuadé que le chrétien doit être présent partout où on prend des décisions concernant l’avenir de tout Homme, y compris aujourd’hui dans les revendications justifiées de nos lycéens. Le chrétien de par sa proximité avec l’évangile est expert en humanité. Et c’est à ce titre-là qu’il doit dénoncer fermement ce fossé qui se creuse de plus en plus entre les riches et les pauvres. 

 

Sans vouloir jouer au prophète de malheur, avec la crise du pétrole, maintenant la sécheresse, nous allons vivre une éclosion de la pauvreté, de la misère. Le processus est déjà bien entamé. Je suis sûr que ce n’est pas par la casse qu’on va régler nos problèmes, mais par « la force du dialogue » comme nous l’a rappelé le pape Léon. 

De l’argent, il y en a en France, mais mal réparti. Pour ne citer qu’un petit exemple ; on peut être offusqué d’apprendre que le nouveau siège du président du Sénat ne coûte que 40 milles Euros !

 

Ne nous égarons pas ! Revenons à l’évangile. Jésus reste libre et ne se laisse pas enfermer dans ce jeu malsain, il rappelle les points forts pour tout être humain : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Par cette parole, chacun est invité aujourd’hui, comme hier, à faire la vérité sur son propre comportement et sur ses vraies motivations. Les chrétiens ont comme premier devoir, de tout mettre en œuvre pour faire apparaître la vérité et l’honnêteté. La crédibilité du chrétien ne peut accepter la tromperie et les magouilles. « Que votre oui soit oui, et votre non soit non ! » dit Jésus.

 

Chrétiens, Jésus nous a révélé notre beau visage d’enfant bien-aimé du Père. C’est ce visage que nous avons la responsabilité de présenter en vérité à tous les hommes. La loi civile exige le respect de tous les hommes, et la loi du Christ nous engage à aimer tous les hommes. La loi du Christ est à mettre en œuvre dans les lois humaines. 

 François, prêtre retraité

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 On soigne bien notre pape