En France, le rôle de la police dans les manifs fait débat.
Avec le blocage des lycées ?
Oui. Depuis mi-septembre, des lycéens protestent contre le manque de moyens et les inégalités. C’est parfois tendu et violent entre des manifestants et la police, avec des blessés. L’IGPN, la police des polices, a ouvert 18 enquêtes sur de possibles violences policières, celles qui sortent du cadre légal. On rembobine l’histoire du maintien de l’ordre.
Merci. C’est quoi ?
Le maintien de l’ordre, c’est ce que la police et la gendarmerie mettent en place pour : 1/ permettre aux personnes de manifester, 2/ assurer leur sécurité et celle des biens.
Ça existe depuis quand ?
Depuis la Révolution de 1789, le manifestant est un citoyen, pas un ennemi. Le principe : maintenir l’ordre plutôt que réprimer pendant les manifs. La loi définit alors comment la police et l’armée peuvent utiliser la force, par ex en prévenant avant de disperser la foule - la sommation. Pendant le XIXe siècle, ça marche, avec moins d’incidents.
Et ensuite ?
Depuis 1945, 2 unités spéciales, la gendarmerie mobile et les CRS, maintiennent l’ordre. Dans les 60’s, y’a des affrontements violents lors de manifs. Après Mai-68, la France adopte une nouvelle doctrine pour retarder au max le recours à la force et permettre aux gens de quitter la manif.
Et puis ?
Ça change après les émeutes de 2005 : le rôle des forces de l’ordre n’est plus juste de tenir les foules à distance. Elles peuvent intervenir et interpeller, donc faire des contrôles. Elles ont de nouvelles armes, comme les lanceurs de balles de défense (LBD).
Donc aujourd’hui, la doctrine ?
C’est un mix entre dialoguer avec les manifestants et n’utiliser la force que si absolument nécessaire, avec certaines armes. En 2023, le Défenseur des droits, qui contrôle que la police respecte les règles de son métier, lui demande de faire mieux pour éviter les violences. Avec certains lycéens blessés, des assos de défense de droits humainsestiment qu’il faut changer la doctrine. Pour le gouv, ce sont des accidents.
Et ailleurs ?
L’Allemagne, la Suède, le Danemark ou les Pays-Bas ont une autre approche : la désescalade, c’est-à-dire réduire les tensions pour éviter au max les affrontements.