Il était venu à Lourdes pour prier avec Léon XIV et lui manifester son soutien : samedi 26 septembre, un chrétien palestinien a été placé en garde à vue pendant plus d’une journée et demie après avoir déployé son drapeau quelques minutes avant l’arrivée du pape. injustice », dénonce-t-il
Il voulait « que le pape voie son drapeau ». Samedi 26 septembre, le soir de l’arrivée du pape Léon XIV à Lourdes pour la prière à la grotte, un pèlerin palestinien venu accueillir le pape à l’entrée du sanctuaire marial a été interpellé et placé en garde à vue après avoir déployé son drapeau quelques minutes avant le passage de la papamobile. Avec sa compagne française, ils ont ensuite passé trente-neuf heures de garde à vue, à l’issue de laquelle les deux pèlerins ont été libérés sans poursuites.
La visite du pape en France dans le cœur des foulesb Ce samedi 26 septembre, il prend le train avec sa compagne française depuis leur ville du sud de la France pour se rendre dans la cité mariale. Originaire de Ramallah, en Cisjordanie, le jeune homme étudie en France depuis un an grâce à un visa étudiant
Remercier le pape
Youssef raconte être issu de la paroisse de la Sainte-Famille, à Ramallah. « C’est là-bas que j’ai été baptisé, que j’ai fait mon caté, ma première communion, les scouts, c’est dans cette paroisse que mes parents se sont mariés… C’est la paroisse de notre famille. »
Palestinien et catholique de rite latin, le jeune homme a grandi entouré des deux drapeaux : celui de la Palestine et celui du Vatican. Au fil de son parcours dans l’Église, Youssef entend régulièrement parler de la dévotion à Notre-Dame de Lourdes. « Depuis un an que je réside en France, j’ai toujours voulu aller à Lourdes. Lorsque j’ai vu que le pape y serait en septembre, et étant donné qu’il a déjà exprimé sa solidarité avec le peuple palestinien, j’y ai vu l’occasion de le remercier, et de prier avec lui pour la situation politique et économique de mon pays. »
Peu après 17 heures, le samedi 26 septembre, alors que le pape se autres pèlerins. » Les forces de l’ordre lui auraient alors demandé de ne rien crier au pape à son arrivée, et de laisser le drapeau derrière les barrières, ce à quoi le jeune homme consent. Quelques minutes avant le passage de la papamobile, Youssef aurait demandé au policier disposé devant lui s’il pouvait déployer son drapeau, et obtenu son accord. « Je voulais être sûr de ne pas avoir de problème », explique le Palestinien.
Mais une fois le drapeau déployé, le jeune homme et sa compagne sont aussitôt entourés de plusieurs policiers, qui leur passent les menottes et procèdent à une interpellation. Youssef proteste. « Je leur ai dit de prendre le drapeau, je leur ai proposé de le ranger, mais je ne comprenais pas pourquoi nous étions menottés. » Le couple est conduit vers une voiture de police ; l’étudiant palestinien est conduit au commissariat de Tarbes ; sa compagne, à celui de Lourdes.
« Lors de l’audition au commissariat, j’ai répété que j’étais un chrétien, venu ici en pèlerinage, que je portais le drapeau de mon pays qui est reconnu en France, que j’avais par ailleurs été contrôlé et que les policiers n’avaient rien trouvé. » Selon le jeune homme, il est alors accusé d’« association de malfaiteurs ».
« Je voulais que les Français sachent qu’il y a des catholiques en Palestine »
À l’issue de son audition, Youssef est placé en cellule, dans l’attente d’un interrogatoire avec la police judiciaire le lendemain, à Lourdes, durant lequel il répète sa version des faits. « J’ai redit que j’étais ici pour que mes amis et ma famille soient fiers qu’un chrétien palestinien puisse croiser la route du pape, et pour que les Français sachent qu’il y a des catholiques en Palestine, parce que peu de gens le savent. » Après que le contenu de son téléphone a été passé au crible, l’étudiant est autorisé à utiliser son téléphone quelques minutes, une fois l’interrogatoire fini. Il contacte alors un ami journaliste, qui alerte la maire de Lourdes.
Avant de repartir chez lui, Youssef et sa compagne font un crochet par la grotte de Lourdes, qu’ils auront fini par voir – sans pouvoir y apercevoir le pape. « Jamais je n’aurais pensé que sortir le drapeau de mon pays puisse me causer autant de problèmes, souffle-t-il. C’est une injustice totale. Je ne suis pas un militant, je suis un catholique palestinien. »
Contacté par La Croix, le tribunal judiciaire de Tarbes a confirmé que l’enquête était toujours en cours, et s’est abstenu de communiquer des éléments pour préserver, explique-t-il, le bon déroulement des investigations.
Communiqué par le père François
