On sait que l'activité physique protège le cœur, les muscles et le métabolisme. Mais on sous-estime encore largement ce qu'elle fait au cerveau. Longtemps relégué au second plan, il est pourtant l'un des grands bénéficiaires du mouvement. Mémoire, concentration, régulation émotionnelle, anxiété, dépression : bouger transforme littéralement notre cerveau, jusque dans sa structure.
Bouger au quotidien est essentiel pour les retraités afin de préserver leur autonomie, protéger leur santé cardiovasculaire et éviter le déclin musculaire
À l'heure où la santé mentale est devenue un enjeu majeur, la science est formelle : l'activité physique n'est pas un simple « plus », c'est un levier thérapeutique puissant, encore largement sous-exploité.
Quand l'effort fabrique des neurones
Le sport ne « stimule » pas seulement le cerveau: il le transforme biologiquement.
L'activité physique déclenche en effet Tapparition de nouvelles cellules ner-veuses, formées dans Thippocampe, une région cérébrale clé de la mémoire.
Ce phénomène saccompagne de la production de BDNF (facteur neu-rotrophique dérivé du cerveau), une
protéine essentielle à la croissance et a la survie des neurones.
Autrement dit, bouger ne se contente pas d'entretenir le cerveau: cela contri-bue à en reconstruire les circuits!
Le sport, architecte du cerveau
Une étude américaine menée en 2012 l’illustre de façon particulièrement parlante. Chez 120 adultes engagés dans un programme de course à pied pendant douze mois - trois séances de 40 minutes par semaine -, les chercheurs ont observé une augmentation du taux de BDNF, un développement de hippocampe et une amélioration mesurable de la mémoire.
Mais les effets de l'entraînement aérobie ne s'arrêtent pas là. Il stimule également la croissance d'autres régions clés du cerveau, notamment le cortex préfrontal. Cette zone joue un rôle central dans les fonctions cognitives dites « exécutives »: planification, prise de décision, résolution de problèmes, contrôle des impulsions, régulation émotionnelle ou encore adaptation de nos comportements aux règles sociales.
Elle est aussi essentielle à la mémoire de travail et à l’attention sélective.
Pris ensemble, ces résultats confirment ce que de nombreuses recherches montrent désormais avec constance :
s’engager régulièrement dans une activité physique ne se contente pas d'entretenir le cerveau, cela renforce durablement ses capacités et contribue à freiner le déclin cognitif lié à l'âge.
Aérobie ou anaérobie : deux voies, un même bénéfice
Tout mouvement mobilise de l’énergie.
Bouger apaise également l’esprit
Nathalie Rigoulet, psychologue
