jeudi 23 juillet 2026

80 ème anniversaire du retour des expulsés et des « Charentais » au Bitcherland

 Les  habitants de Volmunster ont vécu l’évacuation en septembre 1939, le retour en septembre 1940, l’expulsion de novembre 1940 et  le retour après le  8 mai 1945.   Ceux qui sont restés en Charente durant la guerre ne  sont revenus que le 1er mai 1946. En somme, de nombreux habitants  du Bitcherland ont été évacués, expulsés et sinistrés.


L’évacuation  de la zone rouge


Le départ en wagon à bestiaux

Le premier septembre1939, les gendarmes apportent l'ordre d'évacuation aux maires des communes de la région frontalière. Ils partent en charrettes  attelées de chevaux ou de vaches devant se diriger vers Sarrebourg  pour y prendre le train  qui les emmène en Charente. La plupart des habitants partent en train dans des wagons à bestiaux. Ils ont seulement le droit d'emmener 30 kg de bagages par personne. Ils ont voyagé durant deux jours et deux nuits et parfois plus. Les trains s'arrêtent dans les grandes gares où la Croix Rouge leur sert à manger et à boire.


Réfugiés en Charente


Quand les Volmunstérois arrivent en gare de Jarnac, les vignerons de Sigogne viennent  les chercher avec des  tombereaux. Ils  ont été logés dans des chambres inoccupées. Certains sont engagés dans des fermes, d'autres deviennent métayers ou vont travailler en usine. Quand les Sigognais découvrent ces Lorrains, dont la plupart ne parlent que le francique, surtout ceux qui étaient à l'école allemande durant l'annexion de la Moselle de 1871 à 1918, ils sont surpris. Si au début, certains les traitent de b..., très vite la plupart se rendent compte que ces Lorrains sont français et de bons patriotes.


L’histoire méconnue de l’Alsace-Moselle


Auparavant peu connaissait l'histoire des Mosellans: «Nous ne savions pas que les Allemands voulaient germaniser de force les Mosellans et les Alsaciens surtout par l'école et le service militaire durant l'annexion de 1871 à1918  

Nous avons appris que la période de 1940 à 1945, a été   pire. Il était même interdit de parler français et de porter le béret. De plus, les jeunes étaient incorporés de force.  S'il n'y avait pas eu le jumelage, nous ne le saurions pas encore aujourd'hui. D'ailleurs, c'est la Moselle qui est un des départements français qui a eu le plus de déportés, et beaucoup ne sont plus revenus.  

 

Retour et expulsion 


En octobre 1940, les Allemands demandent aux réfugiés de rentrer à Volmunster. Certaines familles restent en Charente jusqu'au 1er mai 1946. La plupart reprennent le train jusqu'à Sarrebourg.

Hélas l'autorisation de retourner à Volmunster ne sera jamais accordée durant tout la guerre. Certains décident d’y retourner, hélas le 11 novembre 1940, les Allemands expulsent manu militari les habitants revenus dans les 18 communes du Bitcherland pour agrandir le camp de Bitche.Tout le monde est transplanté dans le Saulnois et la région messine pour remplacer les indésirables expulsés par les Allemands dans le sud-ouest  de la France.  



La destruction de Volmunster


Libération 


Volmunster ne sera libéré que le 16 mars 1945 par les Américains. Après la libération, les habitants ont trouvé leur maison détruite ou endommagée.   Certains décidèrent de loger provisoirement dans les caves avant de mettre la maison hors d'eau.



Les baraquements dans la rue Emile Gentil


En novembre 1945, l’Etat commence à implanter les premiers baraquements sans aucun confort, il n'y a ni eau courante, ni électricité, ni toilettes.  Ce ne sera que le 16 janvier 1946 que l'école de Volmunster est réouverte par André Schutz.  Les lignes Pour pouvoir revenir, il fallait avoir l’autorisation du maire de Volmunster  Joseph Rinder nommé par le sous-préfet. 


Le retour des « Charentais » 




Le mémorial sur le mur de l'église


Le 1er mai 1946, ceux qui sont restés en Charente  prennent un train spécial pour revenir à Volmunster.

La plupart habiteront dans des baraquements

situés dans la rue du Stade, alors qu'en Charente ils vivaient confortablement dans des maisons, ils devront habiter ces baraquements inconfortables. La reconstruction des maisons  débute vers  1948 et ne se termine qu'en 1960.