« Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand même »(Théodore Monod)
« Tu n’as pas remarqué le nombre d’arbres qui meurent debout? »
« Tiens un escargot, ça fait longtemps que je n’en ai plus vu un…» Autant de phrases que j’entends tous les jours. Si les
forêts dépérissent, si les escargots se font de plus en plus rares, ne seront-ils pas autant de signaux d'alarme qui, bien avant les analyses sophistiquées de l'air, de l'eau et du sol, annonceraient une dégradation de notre cadre de vie? Les industries, les pratiques agricoles actuelles, les plans d'aménagement trop ambitieux et peu soucieux de la nature en sont les responsables.
Nos habitudes peuvent également en dire long quotidiennement. Par des millions de personnes.
Sortir sa voiture pour aller chercher du pain à 300 m de chez soi, sans sans se soucier de l'influence des gaz d'échappement sur la qualité de l'air ou de l'aspect noirci et rongé de la vieille cathédrale. Jeter en vrac ses ordures ménagères sans imaginer que la fabrication du papier recyclé consomme de loin moins d'eau et d'énergie que celle du papier classique, ni que les emballages plastiques acheminés dans les océans ne se dégraderont jamais naturellement, ni que les poissons sont pratiquement décimés par le mercure des piles, arrivé dans nos rivières.
Une chose est sûre: instinctivement, on se sent attiré par la nature et on se précipite pour s’y ressourcer chaque fois que c'est possible.
Une autre chose tout aussi certaine : la nature est un tout, une sorte de mécanisme d'horlogerie, précis et incontournable qui, pour bien fonctionner, a besoin de toutes ses pièces, oeuvrant en harmonie entre elles et avec nous. Son équilibre est dynamique et fragile. La disparition d'une minuscule algue peut entraîner des conséquences imprévisibles sur le milieu où elle évoluait. En fin, la capacité régénératrice de la nature n'arrive plus à elle seule à assumer autant de désordres.
A qui revient la responsabilité d'agir? Aux autorités, aux entreprises, aux associations, ou tout simplement à chacun d’entre nous. La nature a besoin que chacun y mette du sien. En lui offrant une chance, nous nous l'offrons à nous-mêmes, car nous faisons pleinement partie de la nature.
Comment s’y prendre? Justement comme la nature: avec la sagesse des ruisseaux qui font les grandes rivières. Il existe mille petits gestes attentionnés, relevant du bon sens, bénéfiques à la fois pour la nature et la santé, et qui nous évitent des dépenses superflues. Je suis déjà habitué à certains de ces gestes. Vous aussi. D'autres sont suggérés dans les pages des journaux. Je les afficherai bien en vue et les mettrai en pratique sur le champ. Bien sûr, j'en parlerai aux collègues, amis et voisins. J'ai la conviction que tout chemin, même le plus long et le plus pénible, commence par un premier pas, en avant.
Conseil de l’Europe

