vendredi 24 avril 2026

Le message du Père François

 

Evangile : selon saint Jean (10, 1‑10)

Photo DR 

« En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

En ce quatrième dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à porter notre regard, notre attention et notre prière sur la figure du Christ : le Bon Berger qui excelle de bonté. Les brebis le connaissent et ils écoutent sa voix. Jésus lui-même dit : « Je suis le Bon pasteur, le vrai pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. »

Est-ce tellement important d’écouter la voix de Jésus, le Bon berger ?

Il vous est certainement arrivé un jour, quand vous êtes en présence de quelqu’un de vraiment bon, inlassablement bon, quelque chose change en toi. Tu te sens léger, apaisé, plus courageux. En somme, on repart heureux et on a envie de partager cet instant de bonheur, de bonté avec nos amis.

On comprend mieux le pourquoi de cette foule qui cherche Jésus. Écouter Jésus, c’est s’offrir un moment de bien-être, où on a l’impression d’être compris, d’être aimé, respecté et surtout pas condamné. Ecouter Jésus, c’est vivre un moment « du ciel sur la terre ». 

Aujourd’hui, nous avons besoin d’entendre une voix pleine de bonté, de douceur qui nous rassure. Le pape François disait que : « La bonté n'est pas une faiblesse, mais une vraie force capable de renoncer à la vengeance. » Nous n’avons pas besoin d’influenceurs, mais d’une voix qui interpelle à la manière du pape Léon aux Africains et par là, au monde entier. La bonté est autre chose que de flatteries pour s’attirer des honneurs. Notre monde a besoin d’un nouveau souffle de bonté, d’amour, de tendresse et surtout de paix. Nous avons besoin de revenir à la bonté, au respect des autres. Je suis sûr que la bonté peut désarmer les plus violents, qu’elle établit des ponts qui nous tiennent ensemble malgré nos divergences. N‘est-ce pas ce pont que Jésus établit entre les Hommes et son Père : pont qui réconcilie l’Homme pécheur avec son Créateur.

Nous avons besoin d’Hommes responsables qui savent dire comme Jésus : « Amen, Amen, je vous le dis ». « Ce que je vous dis là, c’est VRAI ! », il n’y a pas mensonge, ni tromperie, mais éveil à la Vérité, à ce qui est juste et bon pour l’humanité.

Il faut croire que depuis Jésus, rien n’a changé ! Nous sommes toujours autant manipulés jusque dans nos choix religieux. On remarque de plus en plus, et aucune religion ne fait exception, des tendances extrémistes qui s’affrontent et qui se servent de la vulnérabilité des plus faibles pour étendre leurs influences.  A tel point que, même ceux qui ont le sens critique, ne savent plus à quel saint se vouer et se demandent où trouver le vrai chemin de bonté, de liberté et de vérité. 

Jésus en veut aux pharisiens de son époque qui manipulent le peuple. Et nous, nous suivons aveuglément, les pharisiens modernes.  Depuis des semaines, avec les événements d’Ukraine, de l’Iran, du Liban, la télévision tient une grande place dans notre vie de tous les jours, comme l’ensemble des médias. C’est affolant ce qu’on peut entendre de vrai et de faux, même des mensonges. En nous laissant enfermer dans leurs dires, nous perdons notre dignité et tout ce qui fait la grandeur de l’homme dans sa bonté. Oui, plus que jamais il est urgent de réagir, de lutter contre toutes les formes d’asservissement, de trouver une porte de sortie qui ne se fera, essentiellement, que par le dialogue, la recherche de la paix entre les peuples.

Traditionnellement, ce dimanche a été choisi pour être le dimanche des vocations. Systématiquement on pense à l’appel au sacerdoce et à la vie religieuse. Or nous venons d’entendre que Jésus appelle ses brebis chacune par son nom.  Il n’en appelle pas quelques-unes mais toutes personnellement. Autrement dit, chacun de nous est appelé, chacun à sa vocation, sa mission, son rôle, sa responsabilité de construire avec les autres des lieux de paix, de liberté et de bonté. Encore faut-il oser « appeler » quelqu’un au sacerdoce. Un jour, il m’est arrivé de poser la question à un jeune homme : « Tu n’as jamais pensé à devenir prêtre ? » « Si, mais personne ne m’a posé la question. » Ça fait maintenant des années qu’il est un prêtre heureux !

Jésus s’est battu pour que les hommes aient la vie, qu’ils l’aient en abondance. A notre tour nous sommes invités à devenir « des portes ouvertes » des bergers qui accueillent sans préjugés et introduisent vers les bons pâturages où il fait bon vivre ensemble. 

Oh, quelle merveilleuse vocation de berger avons-nous, animé de cette bonté qui sauvera le monde !


François, prêtre retraité