jeudi 26 mars 2026

Plus de 20 000 baptisés à Pâques, un nouveau record

 Depuis quatre ans, le nombre de nouveaux baptisés a plus que triplé, révèle l’enquête annuelle de la Conférence des évêques de France.

  1. 21 386 adultes et adolescents sont concernés. 40 % d’entre eux disent s’être tournés vers la foi catholique après une épreuve.

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13 234 adultes et 8 152 adolescents seront baptisés à Pâques 2026, soit près de 20 % de baptêmes en plus cette année par rapport à 2025. Ce sont les chiffres ­révélés par la Conférence des évêques de France (CEF) dans son enquête annuelle sur les futurs baptisés, dévoilée mercredi 25 mars à Lourdes, où l’épiscopat tient son Assemblée ­plénière de printemps.

Un nouveau record –21 386 baptisés – qui ancre une tendance amorcée il y a quatre ans en France, à la surprise générale, au point que le phénomène est désormais scruté depuis l’étranger. De fait, le nombre de baptêmes d’adultes et d’adolescent a triplé sur les quatre dernières années.

Ces chiffres sont les plus élevés depuis la première enquête du même type réalisée il y a plus de vingt ans. Jusqu’en 2022, le nombre de baptêmes d’adultes ­stagnait en effet légèrement ­au-dessus de 4 000, avant d’entamer une hausse significative en 2023 (+ 28 %), accentuée les ­années suivantes (+ 31 % en 2024, + 45 % en 2025).

En plus de la hausse globale, le rajeunissement des nouveaux baptisés se confirme. Comme en 2025, la part des 18-25 ans dépasse celle des 26-40 ans, cœur de cible historique de l’Église catholique.

Ces étudiants et jeunes professionnels représentent désormais 42 % des baptêmes d’adultes. Ces nouveaux venus dans l’Église ­catholique sont aux deux tiers des femmes, habitent majoritairement en zone rurale et sont souvent issus de milieux populaires, relève également l’enquête. Chez les adolescents (11-17 ans), le phénomène est comparable, même si la hausse est cette année moins marquée (+10 %).

Outre l’analyse chiffrée, le rapport donne quelques éléments qualitatifs, tirés d’un sondage réalisé auprès de 1450 catéchumènes pour mieux comprendre ce qui a déclenché leur demande de baptême. En tête de leurs ­réponses : une épreuve (40 %), un questionnement (34 %) ou ­encore une « expérience spirituelle ­forte » (32 %). « J’ai un parcours assez cabossé. J’ai vécu une expérience très forte et à partir de là plus rien n’a été pareil », ­témoigne Johann, futur baptisé ­issu d’une famille musulmane, présent à Lourdes.

Sont également cités l’impact d’un « lieu porteur », la « lecture de la Bible », le « témoignage de vie de chrétiens» ou encore le baptême d’un proche. Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, évoque aussi le sentiment de vide intérieur de certains jeunes, ainsi que le besoin d’identité, dans un ­contexte global anxiogène.

Plus étonnant, les influenceurs et réseaux sociaux n’arrivent qu’en fin de liste (11 % des répondants). Depuis un an pourtant, de nombreux articles, y compris de médias généralistes, ont illustré l’impact des réseaux sociaux, comme TikTok, dépoussiérant l’image de l’Église ainsi que ­certaines pratiques (chapelet, ­Carême…) auprès des jeunes. Un facteur sans doute présent dans l’itinéraire des catéchumènes, mais qui n’apparaît comme déterminant, selon ce sondage.

Le sondage révèle aussi le rapport de ces nouveaux baptisés à la Bible. 39 % d’entre eux disent par exemple ne l’avoir « jamais ou­verte ni lue » avant d’avancer vers le baptême. Pour ceux qui la ­lisent, l’objet livre semble encore très important : 34 % lisent la ­Bible ­exclusivement en version papier contre 12 % en numérique, la grosse moitié restante utilisant les deux supports.

Pour cette enquête, 850 néophytes (un mot qui désigne les personnes fraîchement baptisées) ont également été interrogés, révélant leur rapport à ­l’Église, leur intégration dans la communauté et la fréquence de leur pratique. Si 8 % d’entre eux ont décroché l’année suivant leur baptême, 72 % disent s’être sentis suffisamment soutenus. La grande majorité est engagée dans les paroisses de diverses manières (groupes de prières, services, ­associations caritatives…), 10 % seulement d’entre eux déclarant n’avoir aucun engagement.

« Désormais, les nouveaux baptisés se mettent même à accompagner des catéchumènes », observe ainsi Catherine Lemoine, déléguée nationale pour le catéchuménat pour qui ces futurs et nouveaux baptisés vont « transformer un peu notre Église ».

Gonzague de Pontac

Article communiqué par le Père François