samedi 21 mars 2026

Liturgie du Père françois

 Évangile de Jésus-Christ selon St Jean 11 1–45


 

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

 

St Jean, dans son Evangile, ne parle pas de miracles. Il parle de signes. Aujourd’hui voici le 7ème et dernier signe que fait Jésus avant de donner sa vie sur la Croix. Il réveille Lazare du sommeil de la mort. Il le remet debout. Marthe et Marie avaient envoyé un message à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Jésus ne se déplace pas tout de suite pour voler au secours de ses amis, car cet événement sera l’occasion de signifier que Dieu nous aime et que son amour, à la fin triomphera de la mort. « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». De tous temps, les hommes ont crié vers Dieu. Pourquoi ? Pourquoi la mort, pourquoi la souffrance ? Que fais-tu ? Tu dors ? pourquoi tu es absent ? Là je pense à tous les souffrants de corps et d’âme, à tous ceux qui vivent sous les bombardements, à tous les exclus de la société, les sans voix, à tous ceux qui crient justice… 

 

« Quand il vit que Marie pleurait, et que ses amis qui étaient venus pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé » (remué dans ses entrailles) Jésus a souffert de voir ses amis dans la peine. Et il a pleuré également. Je suis persuadé que Jésus souffre aujourd’hui de voir ses enfants, aujourd’hui, comme hier, souffrir et mourir par millions, sous les bombardements, la faim, la malnutrition, le manque d’eau potable… Mais aujourd’hui, Jésus n’a que nos mains, nos yeux, notre intelligence, pour guérir, relever, remettre debout, redonner la liberté, la dignité. Dans cet Evangile, le grand miracle n’est pas que Lazare sorte de son tombeau ; le grand miracle c’est que Marthe grandisse dans sa foi, jusqu’à affirmer sa foi dans le Christ, « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, tu es celui qui vient dans le monde. »

 

Et le vrai miracle aujourd’hui, ne serait-ce pas de voir tant d’hommes et de femmes, chrétiens ou non, qui ne baissent pas les bras, qui ne se résignent pas à la souffrance. Je pense à tous ceux qui se battent dans les hôpitaux contre la mort, qui luttent, pour sauver des vies, comme les pompiers, jusqu’aux limites de leurs forces, et au-delà. 

 

Ce 5ème dimanche de carême, dans tous les diocèses de France, est prévue la quête pour le CCFD - Terre Solidaire., pour soutenir les 680 projets de développement en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine. 

 

Comme Jésus a réveillé Lazare du sommeil de la mort, nous voulons que les hommes et particulièrement les chrétiens se réveillent du sommeil de l’égoïsme et de l’indifférence….causes de tous nos malheurs. Nous voulons que les hommes et particulièrement les plus pauvres puissent vivre libres et debout.

« Déliez-le et laissez-le aller » dit Jésus.

 

Par ces derniers mots Jésus nous montre que la libération n’est jamais terminée et qu’elle reste le combat de chacun au cœur même de notre propre histoire : aujourd’hui nous avons à délier à notre tour toutes celles et ceux qui sont enfermés dans leur tombeau. 

 

Prière Universelle

 

1.- L’intelligence humaine crée des armes de plus en plus meurtrières pour ses guerres qui se multiplient partout dans le monde.

Seigneur, ouvre nos yeux sur la nature qui se réveille à la vie ; ouvre notre attention à tous les gestes d’amour et de solidarité ; ouvre nos cœurs aux fêtes de Pâques qui nous orientent vers la vie, pour que ne s’éteigne pas notre espérance en l’humanité. Prions le Seigneur.

 

2.- Nous redoutons la monté des prix du gaz et de l’essence.

Seigneur, donne-nous la sagesse de redouter bien plus les haines qu’engendrent les guerres sur le long terme. Donne ton Esprit de sagesse à nos dirigeants qu’ils mesurent les conséquences de leurs guerres. Que notre carême aide chacun d’entre nous à cultiver un esprit de paix et de réconciliation. Prions le Seigneur.

 

3.- Aujourd’hui, l’Évangile nous montre Jésus qui se rend sur les lieux de nos morts pour nous « délier et nous laisser aller ».

Seigneur, libère-nous encore de toutes les haines, les jalousies, les mépris, les mensonges qui nous enchaînent. Que nous puissions aller vers notre vie et vers nos frères et sœurs, heureux et le cœur libre.Prions le Seigneur.