mercredi 31 décembre 2025

Le message du Père François






 Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 2, 1–12

 

« Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, carvoici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à

Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

 

Après les bergers, les mages… Après les pauvres et les petits, les savants… Ce n’est pas un hasard si les premiers invités à la crèche furent des personnes humbles et modestes. Car Jésus est venu en priorité pour elles. Mais le Fils de Dieu n’oublie pas de se présenter à chacun, quelle que soit sa culture, son histoire. Il ne méprise personne, et se donne à reconnaître, de manière universelle, : l’Epiphanie à tous les hommes de bonne volonté !

 

En cette fête de l'Epiphanie, l’Eglise nous propose de prendre le relais des « Mages et des Sages » de tous les temps, qui cherchent un chemin d’Avenir pour l’humanité. Il s’agit bien sûr de l’humanité d’un chacun dans sa personne, mais aussi de tous les peuples dans leurs diversités. Ces mages, personnages légendaires, surnommés : MELCHIOR - GASPAR et BALTHAZAR, représentaient tous les peuples connus à l’époque de Jésus. Leur simplicité et leur bienveillance contrastent avec l'attitude hypocrite du roi Hérode, qui veut tout dominer et qui a peur que quelque chose échappe à son pouvoir. L'étoile qui met en route ces « chercheurs », les cadeaux offerts à Jésus, leur retour précipité, tout dans ce récit sensationnel, avait de quoi alimenter notre imaginaire d'enfant et nous faire rêver d’une humanité sauvée.

 

La route des mages, vers Bethléem, représente le chemin de tous ceux qui cherchent à donner sens à leur vie. Et ils sont nombreux dans toutes les races, les religions, les cultures à vouloir un monde de fraternité basé sur le respect, la dignité et la justice. 

Tous les pèlerins que j’ai eu le bonheur d’accompagner à Bethléem ont été surpris par la diversité et le nombre des gens- jeunes et adultes – venus des quatre coins du monde à la rencontre de l’Enfant de Bethléem. Croyants et incroyants étaient heureux de pouvoir échanger quelques mots de salutations, de bonheur et de paix sur les lieux de cette naissance. « Quelle merveille que fît pour nous le Seigneur ! » Cette parole du Magnificat se réalisait pour nous chaque fois. Ceux qui rencontrent et reconnaissent en cet enfant Jésus la source de l’Amour qui vient de Dieu, en sont radicalement transformés. Ils sont capables de sortir des routines et des chemins battus. Personne ne repart comme il est venu en ces lieux. Et cette vitalité retrouvée, apporte une joie de vivre à tous les Hommes de bonne volonté. Comme les Mages, chacun est invité à chercher un chemin nouveau pour la suite de sa vie quotidienne. 

 

La fête de l'Epiphanie nous montre que Jésus est né, pas seulement pour ses compatriotes, ses voisins comme les bergers, mais pour tous les peuples, jusqu’aux extrémités de la terre. Cette vision est inscrite dans la mémoire chrétienne, comme un ferment qui transforme l'avenir. A l’image de la semence qui est dans la terre, un germe nouveau, des possibilités nouvelles, peuvent émerger aujourd’hui de cette terre.

 

Avec l’année 2026 qui vient de commencer, c'est bien un « demain » qui s'ouvre à nous. Il s’agit bien, d’un avenir à construire, à inventer. Un avenir pour nos familles et nos communautés, pour le respect de toutes les Eglises, pour l'Europe et pour le monde.

 

La fête de l’Epiphanie nous invite à porter un regard d’homme et de croyant sur notre vie, et sur la vie du monde. Elle nous invite à faire révision de vie, à chercher les causes profondes du mal. Je suis persuadé que les écarts de richesse, qui se sont aggravés avec la mondialisation, ont constitué un environnement favorable au terrorisme international. Ce terrorisme nous fait si peur et nous donne le sentiment de l’impuissance. Dieu nous propose en ce début d'année et en ce jour d'Epiphanie, c'est de garder l'espérance, la joie de vivre et de nous mettre en route. 

 

Avec les mages, prenons la route de l’indignation qui mène à la vie. N'ayons pas peur de nous laisser bousculer sur cette route par cette exigence de faire la paix autour de nous, d’être accueillant, de faire place à la bonté et à la justice…. car vers Dieu et vers tous les hommes que cette route nous conduit. 

 

A vous et à vos familles, tous mes meilleurs vœux de bonne année 2026 avec la santé et la joie de vivre, malgré le poids à certains jours.               

« Il y a toujours une petite lumière qui vient   de quelque part » disait souvent notre maman ! 

Es gibt immer ein kleines Licht, das uns von irgendwoher erreicht“, sagte unsere Mutter oft!


François, prêtre retraité