Quelques heures avant de partir pour de longs mois loin de son pays, Christian Freyburger a fait cette belle randonnée dans la neige en prenant le sentier d'excellence qui l'a conduit au Moulin d'Eschviller et à Volmunster.
- J'ignore si je le reconnaîtrais à mon retour. Alors une dernière marche pour laisser ses paysages se graver dans ma mémoire et sur mon application de photos.
Il a neigé. Il me faut braver le froid et les éléments ce matin. gants et chapka comme le capitaine Marleau. Gabi Hartmann dans les oreilles pour m'accompagner dans ce silence ouaté. La femme aux yeux de sel. Voilà pour ceux qui voudraient écouter aussi.
La neige peint les arbres en blanc à l'aide du vent. Cheminer au milieu de ce land art. Continuer le long des arbres, dans ce désert blanc. M'en servir pour me repérer.
Et quelques poils verts dépassent de temps en temps de la couverture glabre, comme pour égayer un peu la monotonie blanche. Mais il me faut continuer pour ne pas prendre froid.
Saurez-vous repérer les deux chevreuils ? Ce sont les seuls êtres vivants que je croiserai jusqu'au moulin. Il n'y a plus de traces de pas. Personne n'est passé. Et je m'enfonce dans plusieurs dizaines de centimètres de poudre blanche. La neige s'insinue dans mes chaussures jusqu'à mouiller ma peau bien au chaud et au sec jusqu'ici.
C'est magnifique. Que cette Terre nous donne encore des hivers. Que les saisons demeurent malgré le réchauffement. Ami, profite de cet instant de zénitude que je t'offre pour cette année nouvelle.
Installe-toi un instant dans ce corps à la chaude fourrure et abreuve-toi. Sens l'eau de la source couler en toi.
Mais déjà se dessine le clocher de Volmunster. Sans doute vais-je rencontrer des êtres humains à nouveau, se promenant dans le village pour quelqu'affaire les concernant.
Un couple me souhaite une bonne année, un instituteur retraité allant déjeuner comme chaque dimanche chez sa fille et une femme affairée à éliminer la neige qui recouvre sa voiture. Le temps de dire quelques mots à chacun et me voilà reparti sur la route vers mon chez moi.
Le bitume a été salé pour permettre aux voitures de circuler. Quelques centaines de mètres et je serai arrivé. J'aurais tant aimé un peu de soleil pour mes photos, mais le ciel est resté obstinément gris.
Enfin mon village,
Demain je m'en vais loin d'ici. Prenez soin de vous.
Il a neigé. Il me faut braver le froid et les éléments ce matin. gants et chapka comme le capitaine Marleau. Gabi Hartmann dans les oreilles pour m'accompagner dans ce silence ouaté. La femme aux yeux de sel. Voilà pour ceux qui voudraient écouter aussi.
Et quelques poils verts dépassent de temps en temps de la couverture glabre, comme pour égayer un peu la monotonie blanche. Mais il me faut continuer pour ne pas prendre froid.
Saurez-vous repérer les deux chevreuils ? Ce sont les seuls êtres vivants que je croiserai jusqu'au moulin. Il n'y a plus de traces de pas. Personne n'est passé. Et je m'enfonce dans plusieurs dizaines de centimètres de poudre blanche. La neige s'insinue dans mes chaussures jusqu'à mouiller ma peau bien au chaud et au sec jusqu'ici.
Il me faut marcher dans les champs au bors du chemin. Sur les hauteurs les aspérités ont disparu. Ni couleur, ni forme. Je me retrouve dans un monde en noir et blanc.
Je vais passer par la forêt pour rejoindre Volmunster. Le tapis de feuilles colorées de l'automne a disparu. L'hiver redessine le chemin.
C'est magnifique. Que cette Terre nous donne encore des hivers. Que les saisons demeurent malgré le réchauffement. Ami, profite de cet instant de zénitude que je t'offre pour cette année nouvelle.
Installe-toi un instant dans ce corps à la chaude fourrure et abreuve-toi. Sens l'eau de la source couler en toi.
Mais déjà se dessine le clocher de Volmunster. Sans doute vais-je rencontrer des êtres humains à nouveau, se promenant dans le village pour quelqu'affaire les concernant.
Un couple me souhaite une bonne année, un instituteur retraité allant déjeuner comme chaque dimanche chez sa fille et une femme affairée à éliminer la neige qui recouvre sa voiture. Le temps de dire quelques mots à chacun et me voilà reparti sur la route vers mon chez moi.
Le bitume a été salé pour permettre aux voitures de circuler. Quelques centaines de mètres et je serai arrivé. J'aurais tant aimé un peu de soleil pour mes photos, mais le ciel est resté obstinément gris.
Enfin mon village,
sa chapelle,
et ses peluches abandonnées dans le froid hivernal. Je n'ai pas osé sonner à la porte pour les sommer de s'occuper humainement de leur petite protégée. Ce sont nos lâchetés répétées qui enlaidissent ce monde ...
Demain je m'en vais loin d'ici. Prenez soin de vous.
Merci Christian pour ce beau reportage avec son commentaire poétique.