C’est le temps qu’ont dû attendre les patients malades d’un hôpital en France ce 3 janvier à cause d’une simple grève.
En 2020, cela aurait fait la une de tous les journaux…
Mais aujourd’hui, c’est devenu une banalité.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Au début des années 2000, le système médical en France était considéré comme l’un des meilleurs au monde.
Il reposait sur l’hôpital public et la médecine libérale¹.
Sur l’ensemble du territoire français, il était possible d’être soigné 24h sur 24 et 7 jours sur 7.
Des médecins étaient présents partout.
Mais, en 25 ans, le système de santé en France s’est gravement dégradé.
Et les responsables politiques de droite comme de gauche en sont les premiers responsables¹.
Ce n'est pas au ministre de décider de votre parcours de soins !
En voulant tout contrôler depuis en haut, nos responsables politiques ont donné naissance à une administration monstrueuse, ignorante des vrais enjeux de terrain, et au final sclérosée et totalement ingérable.
Ils ont introduit de la bureaucratie partout².
Ils ont créé le numerus clausus. Il a été supprimé en 2021. Heureusement !
Ils ont réduit le nombre de lits d'hôpital.
Ils ont créé les Agences Régionales de Santé pour contrôler tout le monde⁵.
Ils ont imposé des protocoles de soins venus d’en haut, aux professionnels de santé.
25 ans de folie à l’hôpital et en médecine de ville
Ces politiques de santé aveugles ont produit les évolutions suivantes :
Le nombre de lits d’hôpitaux a chuté de 461 400 à 367 300 entre 2003 et fin 2024, alors que la population a augmenté et vieilli.
Cette tendance s’est poursuivie après la crise sanitaire : rien qu’en 2023, 4 900 lits d’hôpitaux ont été supprimés, et la baisse s’est poursuivie en 2024.
En 2024, la capacité d’accueil en hospitalisation complète a encore diminué de 0,5 %.
20 % des lits d’hôpitaux sont aujourd’hui fermés faute de personnel.
85 % des établissements ont activé un plan « Hôpital en tension » début 2025.
30 % des postes de médecins ne sont pas pourvus à l’hôpital.
La situation financière des hôpitaux publics continue de se dégrader, avec un déficit net de près de 2,9 milliards d’euros en 2024.
Résultat en 2025 :
7 à 8 millions de Français n’ont pas de médecin traitant, soit plus de 10 % de la population.
11,6 % des Français vivent dans un désert médical, soit plus de 7,5 millions de personnes.
Près de 87 % du territoire français était considéré en 2024 comme un désert médical selon les critères d’accessibilité.
Dans certains départements, plus de 20 % des habitants sont sans médecin traitant, voire sans médecin tout court¹⁷.
La densité de médecins généralistes a baissé de 5,6 % entre 2012 et 2021.
La densité de généralistes est passée de 153 à 140 pour 100 000 habitants entre 2012 et 2021.
Dans certains territoires, comme le Cher, il ne reste que 54 médecins généralistes pour 100 000 habitants, soit deux fois moins que la moyenne nationale.
Si rien n'est fait, la situation ne va faire qu’empirer dans les 10 prochaines années.
Il ne sera simplement plus possible de se faire soigner par un médecin généraliste en France.
Ils seront à la retraite, en burn-out ou trop occupés pour vous recevoir !
Seules les personnes riches et influentes pourront encore être convenablement soignées en France. Nous devons agir pour éviter cette situation à tout prix, en unissant nos voix pour nous faire entendre du gouvernement.
C’est insupportable : la France, pays de l’égalité, laisse des millions de citoyens sans solution médicale
Non à la médecine à deux vitesses.
Nous devons sortir de cette situation en toute urgence !
Nous ne pouvons plus accepter que l’État sacrifie notre santé sur l’autel de la gestion comptable
Nous demandons des mesures immédiates :
Rendre aux médecins leur liberté de prescription et d’organisation, en réduisant la bureaucratie et les protocoles imposés d’en haut.
Revaloriser les métiers de la santé et améliorer les conditions de travail à l’hôpital comme en ville.
Reconnaître et intégrer les nouvelles professions de santé, et faciliter les passerelles entre métiers et études médicales.
Permettre aux infirmiers expérimentés d’accéder à la formation de médecin.
Redonner de l’autonomie aux hôpitaux et investir dans le recrutement de soignants plutôt que dans l’achat de matériel coûteux.
Mettre en place une politique ambitieuse de formation et d’installation de médecins dans les territoires sous-dotés, en s’inspirant des expériences internationales qui ont fait leurs preuves.
Assez de promesses non tenues, assez de demi-mesures : il est temps d’agir pour que chaque Français puisse accéder à un médecin et à des soins de qualité, partout sur le territoire.
Il faut exiger un plan d’urgence contre les déserts médicaux ! C’est notre santé, celle de nos proches, celle de nos enfants.