samedi 14 décembre 2024

Le message du Père François

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 3 10–18

 

« En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a 





deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. »

 

Permettez-moi de citer un extrait d’une prière du Frère Roger de Taizé: « Sauveur de toute vie, que se réjouissent ceux qui te cherchent. Dans une page d’évangile tu nous dis : « Je connais tes épreuves et ta pauvreté, pourtant tu es comblé. Comblé : par quoi ? Par les sources vives cachées au plus profond de chacun. »

Chers amis, pour moi, « ces sources cachées » évoquent les textes de la messe de ce 3° dimanche de l’Avent qui mettent en valeur la joie qui vient de Dieu. 

Ce 3ème dimanche de l’Avent reste gravé dans ma mémoire. Appelé à célébrer l’eucharistie ce jour-là en paroisse devant un parterre important d’handicapés, j’ai posé la question à l’ensemble de la communauté : « Etes-vous heureux ? » Seuls les handicapés ont répondu « OUI » d’un seul cœur en levant les bras. Croyez-moi que j’étais bouleversé par ce cri de joie venant de ceux qui étaient marqués le plus durement dans leur chair. Ce n’est qu’à la fin de l’office que j’ai repris l’événement de ce « CRI de JOIE » spontané de mes frères. J’ai réalisé que la joie ne consiste pas seulement à marcher, courir, danser…mais que ce cri de joie émanait de la JOIE même de Dieu. Et cette JOIE personne ne peut nous la ravir ! Elle est plus forte que toutes les épreuves. Merci à mes frères handicapés, durant ces 20 années d’accompagnement, vous m’avez, ainsi qu’à tous les bénévoles, fait découvrir cette joie qui vous animait, et cette joie me parle de Dieu.

 

On peut aussi reconnaître « ces sources vives cachées » au cœur des gens de la rue. Quand ils disent que ce qui est plus dur que le froid ou la faim pour eux, c’est la solitude et d’être transparent : être seul, sans parole, sans regard. Être reconnu, estimé, pouvoir compter sur quelqu’un, c’est indispensable pour rester humain Quand l’écrasement est trop fort, on est tellement marqué par la souffrance que les autres sont nécessaires pour repérer et apprécier tous les signes discrets de joie, de partage, de paix et de pardon, alors peut naître et grandir l’espérance et la fête.

 

Revenons à l’évangile de ce jour. Jean Baptiste est bien conscient des difficultés que traversent les gens qui viennent à lui. Il ne demande à personne de se sacrifier ni d’oublier les conditions concrètes de sa vie. Il ne fait de reproche à personne, mais à chacun il demande de donner ce qu’il peut, ce qui est à sa portée. 

 

La vie ensemble a besoin de repères et on ne peut pas faire n’importe quoi.  Il est nécessaire de respecter les règles. La société a établi des lois et on n’a pas le droit de les arranger selon ses intérêts. En premier dans l’évangile, il est question de justice, ensuite de partage. C’est la source de la confiance qui habite chacun. 

Dans la vie, on ne doit jamais justifier les magouilles, les mensonges, les trafics, car c’est une façon d’être complice et de soutenir la source de toutes les misères. On entend souvent : « D’autres le font, pourquoi je n’en profiterai pas ! » Jean Baptiste dans l’évangile dit : « Ne jouez pas à ce jeu-là, ça tue la confiance et ça fausse les liens humains. »

 

Au contraire, notre marche vers Noël doit nous aider à entrer dans une nouvelle perspective et à commencer une nouvelle façon de vivre. Là où tu vis, qu’est-ce que tu espères, qu’est-ce qui te réjouis encore ? Alors, parles-en autour de nous et Dieu pourra naître dans le monde qui est aussi le mien. Je voudrai conclure par ce beau message de Paul Claudel : « On croit que tout est perdu. Et alors un oiseau se met à chanter. » Ce chant de l’oiseau vient : « des sources vives cachées au plus profond de chacun. »

 

PRIERER UNIVERSELLE.

 

1.- Rejoignons la prière du pape François pour la Syrie.

Seigneur « que le peuple Syrien puisse vivre en paix et en sécurité dans sa terre aimée et que les diverses religions puissent cheminer ensemble dans l’amitié et le respect réciproque… qu’il trouve une solution politique qui puisse promouvoir de manière responsable la stabilité et l’unité du pays sans autres conflits et divisions ». Prions le Seigneur.

2.- Prions aussi pour les pays d’Europe qui se précipitent pour renvoyer chez eux les Syriens demandeurs d’asile.

Ce temps de l’avent nous prépare à l’accueil de Dieu qui veut vivre parmi nous. Aide-nous, Seigneur, à ne pas passer à côté de ta venue quand tu viens, chez nous, sous l’habit du réfugié. Prions le Seigneur.

3.- Entre Père Noël, cadeaux, illuminations et repas de fête, les enfants entendront-ils encore parler de Jésus tout petit qui vient nous apprendre à aimer.

Seigneur, dans cette ambiance de fête, aide-nous à trouver les mots qui diront, à nos enfants, la joie d’accueillir Dieu comme un frère. Un frère qui nous guide sur le chemin de l’amour et du bonheur. Prions le Seigneur. de respecter les règles. La société a établi des lois et on n’a pas le droit de les arranger selon ses intérêts. En premier dans  aide-nous à trouver les mots qui diront, à nos enfants, la joie d’accueillir Dieu comme un frère. Un frère qui nous guide sur le chemin de l’amour et du bonheur. Prions le Seigneur.