l'église protestante de Sarreguemines à 20 h.
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"Reniez-vous ou ne reniez-vous pas vos écrits ? », répète le juge de la diète de l’empire. Inlassablement. « Je ne peux, je ne veux me rétracter en rien. Il n’est pas juste d’aller contre ma conscience », réplique Martin Luther. Ostensiblement. Il s’en remet à la justice divine. Malgré lui, il a mis l’Europe à feu et à sang. Il a été contraint et forcé de devenir le chevalier Georges. Ennemi public n° 1, on lui demande alors de renoncer aux 95 thèses qui ont mis à mal le catholicisme, les dérives de la religion, le commerce des indulgences. Donnez, donnez, donnez encore pour votre salut !
Samedi soir, dans une église protestante bondée, les 90 choristes, musiciens et acteurs emmenés par Sylvie
Salzmann, à la tête de la troupe du Kaléidoscope, et Thierry Ferré, meneur de l’ensemble Vocalis, ont superbement raconté la vie de Luther, homme authentique de foi, à l’origine, bien malgré lui, de la Réforme. Il a souffert de ses convictions. Mais il n’a toujours suivi que Dieu, pour donner naissance à une nouvelle église. Mieux, ses idées ont influencé la culture, réveillé l’Europe, insufflé une nouvelle liberté de penser et de croire.
Luther était son nom n’est pas seulement une fresque historique réunissant toutes les chorales protestantes du Consistoire. Il est un spectacle pédagogique, qui mêle savamment chant, musique, théâtre, danse et projections d’images instructives. Grâce à elles, nous revoilà plongés 500 ans en arrière, dans une Europe secouée. La mise en scène est remarquable, mais reste sobre, fidèle aux idées de Luther, à la Réforme justement dont on célèbre les 500 ans. Plus de 400 spectateurs l’ont applaudie samedi soir à Forbach.