vendredi 14 novembre 2025

Le message du Père François

 Évangile de Jésus christ selon St Luc 21 5–19

 


« En ce temps-là, comme certains disciples parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. « Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

 

Chers amis, les médias nous parlent sans arrêt des malheurs de ce monde : le terrorisme, les inondations, les tremblements de terre, les ouragans, les typhons, les attentats, la violence des jeunes, les viols, les meurtres, les abus sexuels, les campagnes de haine, etc.. 

 

Je vous invite à un peu d’histoire. Depuis le déluge, la Bible évoque tour à tour épidémies, pollutions mortelles, tempêtes, tremblements de terre…La destruction de Sodome et de Gomorrhe ressemble fort aux conséquences d’une éruption volcanique. Les cataclysmes, famines, sécheresses, invasions de serpents venimeux au temps de Moïse ou nuages de sauterelles sont des faits réels relatés dans la Bible. 

 

On retrouve aujourd’hui, à quelque chose près, des catastrophes naturelles, des actes de violence, des guerres, l’invasion des frelons asiatiques, la grippe aviaire chez nous. Les séismes font des milliers de morts, déplacent des millions de personnes, ravagent les cultures et détruisent les villages. Des milliers de chrétiens assassinés au Soudan.

 

À mesure que nous approchons de la fin de l'année liturgique, l'Église nous propose de méditer sur ces phénomènes de violence et de mort, symboles de la fragilité de notre monde : « des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre. Tout sera détruit ». En plus de l’incertitude et de l’insécurité, nous avons peur du temps qui fuit !  Nous ne pouvons pas l’arrêter. Il apporte avec lui toutes sortes d’angoisses. Ce n’est pas facile de vieillir, de faire face à la maladie, de perdre son autonomie, d’être confronté à la mort qui approche.

Lorsque St Luc écrit son évangile, autour des années 85, c’est un temps de terribles bouleversements. Les chrétiens ont subi la première grande persécution, celle de Néron. En 70, Titus a détruit la ville de Jérusalem et rasé le Temple. C’est la fin de l’État d’Israël. En 79, le Vésuve a recouvert de cendres volcaniques la ville de Pompéi.

 

Devant ces scénarios de peur et de terreur, les gens ont tendance à se jeter dans les bras de n'importe quel « sauveur » de pacotille, des gourous… « Vous allez voir, j'ai la solution à tous vos problèmes ! »

« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer ! » nous répète Jésus. Ne vous laissez pas leurrer par ces faux messies. Ne permettez pas qu’ils vous manipulent en utilisant la peur et en promettant toutes sortes de « paradis bidons ».

 

En lisant le texte de ce matin, on pourrait croire que Jésus nous laisse une image pessimiste de la réalité. Mais c’est le contraire qu’il nous dit : « N’ayez pas peur… Lorsque vous entendez parler de guerres, de désordres, de violence… ne vous effrayez pas ! » Il nous invite à conserver l’espérance et à persévérer dans ce que nous vivons quotidiennement. 

« Ne vous laissez pas dominer par l’angoisse et par la terreur

« C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie », nous dit Jésus, persévérance dans la foi, dans l’espérance, dans la fidélité au Christ. Nous arriverons alors au « Jour du Seigneur » avec joie et confiance.

 

L’évangile d’aujourd’hui n’est pas un texte sur la fin des temps, mais bien une parole d’espérance qui nous invite à construire aujourd’hui un monde de justice, de paix, de fraternité et d’amour. St Pierre disait aux premiers chrétiens : « Soyez toujours prêts à rendre compte, à tous ceux qui vous le demandent, de l’espérance qui est en vous »

 

Nous n’allons pas à l’église parce que nous avons peur de ce qui se passe autour de nous, parce que nous sommes découragés, déçus, frustrés, mais parce que nous voulons recevoir la force de Dieu dans la prière et dans l’eucharistie, pour travailler à la construction d’un monde nouveau, d’un monde meilleur, d’un monde plus humain. Et tout cela est possible, quand nous prenons en compte ce qui relève de notre responsabilité.

  « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »


François, prêtre retraité