vendredi 19 décembre 2025

Message du Père François

 Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 1 18–24

 


« Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. »

 

En célébrant Noël dans trois jours, les chrétiens sont invités à méditer sur l’engagement que Dieu a pris à l’égard de sa création. N’oublions jamais que Dieu prend soin de l’Homme qu’il a créé à son image, à sa ressemblance. Toute la bible relate comment les croyants ont reconnu les signes qui leur parlaient du Dieu présent à leur existence. Depuis l’Arc en ciel du déluge avec Noé, jusqu’à l’enfant de la crèche, les prophètes n’ont cessé de les inviter à relire, à repérer les signes d’un Dieu qui a beaucoup de tendresse pour l’humanité. 

 

L’évangile d'aujourd'hui nous annonce une naissance merveilleuse, dans un contexte particulier, aussi troublant que le nôtre aujourd’hui. Je vais vous étonner, pour mieux comprendre la fête de Noël, il nous faut partir de la Résurrection. C'était vrai pour les premiers chrétiens à qui l'évangéliste Matthieu écrit et c'est vrai pour nous aujourd’hui. C'est parce que Jésus de Nazareth est mort sur une croix et ressuscité par Dieu au matin de Pâques, que les premiers chrétiens ont compris que l’enfant de Bethléem n’était pas n’importe qui : le premier ressuscité d’entre les morts. Et cet enfant est passé par des contraintes matérielles et humaines : pauvreté, fuite en Egypte, incompréhensions y compris par ses parents, rejet par l’autorité et il a subi l’abomination de la mort sur une croix. La résurrection de Jésus a littéralement transformé les premiers témoins. Jésus est devenu le garant de notre dignité d’enfant de Dieu. Il nous fait comprendre que nous sommes destinés à la résurrection comme Lui.

 

A Noël, Dieu donne à toutes les naissances une dignité, une grandeur insoupçonnée en s’incarnant dans notre chair.

 

Ce passage de l’évangile souligne l’interpellation de Dieu à Joseph : « Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ton épouse. ». Derrière ces quelques mots de l’ange à Joseph, il ne faut pas oublier le drame vécu par Joseph. Dans le contexte de l’époque, Marie a vécu un drame semblable à l’annonciation : « comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais point d’homme. ». Dieu, tout en respectant les gens et la nature, les invite à un dépassement, à une transformation imprévisible, tellement nouvelle, « car rien n’est impossible à Dieu. »

Pourquoi Joseph, Marie et chaque être humain ont-t-ils tant de mal à répondre à l’amour de Dieu ? Tellement enfermés dans nos façons de faire, marqués par l’ambiance et l’environnement matériel, il nous est difficile de percevoir les enjeux du Royaume qui sont d’un autre ordre. Or le message de Noël, où Dieu prend corps, est chanté par les anges : « Paix sur la terre aux hommes, car Dieu les aime. » Et la résurrection est l’aboutissement de ce message de Noël : « Il n’y a pas de plus grandes preuves d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

 

Dans ce contexte de haine, de méfiance, de violence et où nous avons perdu la confiance dans la parole de nos représentants, il est bon de rappeler une parole de Nelson Mandela : « … un homme, qui prive un autre homme de sa liberté, est prisonnier de sa haine. Il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l’étroitesse d’esprit….quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. » 

 

Certes, notre monde reste dans la nuit, mais il y a quelque part une lumière, une petite flamme tournée vers la tendresse, vers la paix, vers l’avenir. A Noël, Dieu nous redit son Espérance et sa Confiance en l’Homme.

Personnellement je suis agréablement surpris de voir, chaque mercredi et dimanche, des milliers de chrétiens rassemblés sur la place St Pierre à Rome autour du Pape Léon. Signe que la masse des gens aspirent à un monde de paix, de fraternité – un monde qu’il nous faut bâtir jour après jour avec le meilleur de nous-mêmes, parce que je suis un artisan de Paix ! 

 

Chrétiens, puissions-nous accueillir le Christ, comme « la lumière venue en ce monde ». Il est notre avenir. Puissions-nous le reconnaître, pour lui faire confiance et le faire connaître à tous ceux qui sont en quête de Paix, de Justice et de Vérité. 

 

 

Prière Universelle

 

Après la fusillade antisémite sur la plage de Sidney, la réponse des autorités consiste à s’armer encore plus.

Alors que nous préparons la fête de Noël, prépare nos cœurs, Seigneur, à accueillir un petit enfant totalement désarmé. Qu’il nous redise combien la paix ne peut venir que par l’amour et la justice mais jamais par la loi du plus fort. Prions le Seigneur.

 

Marie et Joseph sont en route vers Bethléem où il n’y a pas de place pour eux ».

Seigneur, nous fermons de plus en plus nos frontières par peur de celui qui vient d’ailleurs. Saurons-nous ouvrir nos cœurs pour accueillir les persécutés, les affamés…Saurons-nous ouvrir nos yeux pour te reconnaître en toute personne qui cherche une terre d’accueil. Que notre préparation à Noël nous aide à ne pas passer à côté de ta venue sans te reconnaître. Prions le Seigneur.

 

Ô Emmanuel, Dieu avec nous, tu connaissais bien les images du travail agricole et de la vie rurale, et tu t'en es servi pour annoncer aux pauvres ton Evangile. Des milliers d’agriculteurs ont convergé vers Bruxelles, pour faire entendre leurs revendications. Donne-nous un cœur qui écoute, un esprit qui comprenne, des mains qui partagent et encouragent. Inspire à tous les responsables politiques, économiques les bonnes décisions qu’ils doivent prendre. Prions le Seigneur.


François, prêtre retraité