lundi 5 septembre 2022

Le message du Père François

 

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 15, 1–32

 

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » Fin de la lecture brève Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. « Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

 

L’évangéliste Luc nous présente Jésus en présence de deux groupes de personnes bien typés. D’un côté « les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter ». Devant les difficultés concrètes de leur vie et de leurs échecs, ils sont en attente d’une parole réconfortante de la part de Jésus. Les autres, « Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui », ils l’accusent d’être complice des pécheurs. En présence de ces deux groupes opposés, Jésus raconte les trois paraboles que nous venons d’entendre.

 

Face à la situation mondiale de notre temps, je m’en tiens à la troisième parabole.

J'aime particulièrement cette parabole de l'enfant prodigue et je pense qu'il est bon pour chacun de nous de la réentendre.  

Regardons bien le visage, le vrai visage de notre Dieu. Ses deux enfants l’ont trompé. Le plus jeune, en ramassant son héritage et le dépensant sans compter. Le fils aîné se sert de sa soumission pour accuser son Père d’être injuste à son égard. Malgré la déception de la conduite de chacun, le Père est prêt à tout, pour manifester ce qui lui tient le plus à cœur : il aime chacun de ses enfants d’un amour sans limite, et il va au-devant de chacun d’eux.  

Quand il voit le plus jeune revenir, c’est le Père qui court vers lui, se jette à son cou. Il ne le laisse même pas dire la belle phrase préparée dans son désarroi : « J'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils » Et le Père ne lui laisse pas le temps de revenir sur ses égarements. Le plus important c’est le retour de son fils qui était perdu : « Vite, apportez le plus beau vêtement, mettez-lui une bague au doigt, tuez le veau gras. Mangeons et festoyons. Mon fils que voilà était mort, il est revenu à la vie. » Quelle belle image du pardon et de la miséricorde d’un Père !

 

Pour en revenir à nous, il faut reconnaître que chacun peut se retrouver dans l’attitude du jeune fils comme de l’aîné. D’un côté, on a envie de s’éclater et de tout faire à notre guise sans devoir rendre compte à personne. Et d’un autre côté, devant des injustices qui nous gênent, on est capable de rigueur et de chercher des coupables. Ni l’une ni l’autre attitude n’est vraie et n’apporte une ouverture, une espérance. 

 

Jésus en racontant cette parabole, ne cherche pas à accuser l’un ou l’autre de ses fils, mais il met en valeur l’Amour du Père pour ses enfants, et c’est cela, la réponse qui peut redonner confiance. Malgré nos limites, nos fragilités, nos écarts, se savoir pardonné, redonne place à la vie. Et l’Amour fait de nous des hommes nouveaux. L'attitude du Père nous libère de la crainte de Dieu, nous enlève l’inquiétude pour notre salut éternel; mais aussi, elle oriente et influence notre vie. « Soyez parfait comme votre père céleste est parfait », a dit Jésus.

 

Jésus est venu mettre fin à la loi du talion : « oeil pour oeil, dent pour dent ». Il l'a remplacé par sa loi de l'Amour qu’on appelle, la MISERICORDE. 




Il invite ses deux enfants à entrer dans la salle du festin et à participer à la fête. C’est une belle image du Royaume où Dieu nous invite tous un jour. N'oublions pas de regarder ce Père qui attend sur « son perron » et qui ne se lasse pas d’attendre pour accueillir tous ceux qui se présentent à Lui

Voilà une belle parabole : elle nous invite à savoir accueillir et pardonner comme le Père nous pardonne.


François, prêtre retraité